Pierre Manigault « Mannix » - Promotion 1949-1952

A HÉLÈNE LÉGIER MA GRAND-MÈRE PATERNELLE

Avertissement

AU DELÀ DES BOUCHURES

N'ayant pas, hélas, le talent d'un Guy de Maupassant, j'ai renoncé, bien vite, à intituler les textes qui suivent « Contes et nouvelles ». Mémoires ? Certes non, car ce n'est pas une œuvre littéraire comportant des données historiques. Ils ne constituent pas non plus, à vrai dire, un roman, même autobiographique, car il y manque, certains éléments majeurs. Disons qu'ils sont une chronique d'une vie, le témoignage d'un temps passé, peut-être plus exactement une chronique d'un parcours social original relatant au fil des pages, des souvenirs divers : surprenants, joyeux, émouvants, pénibles ou tristes, certains précieux. Témoignages rapportant des scènes parfois curieuses, inattendues ou incongrues, croquant pourtant des personnages réels, modestes ou importants, hauts en couleurs ou non, qui selon le cas, auront des déclarations aux termes assez crus ou des mots choisis pour des déclarations pouvant surprendre voire choquer. Évoquées également des personnes, amies ou non, que je tiens en grande estime, ou pour qui j'éprouve de l'admiration et/ou de la reconnaissance. Et ce, en essayant, chaque fois que possible, de teinter le récit d'un indispensable humour, d'une petite pointe de truculence, sans refuser l'accompagnement d'une inévitable mélancolie ...

Certains personnages disparus, (dont le nom changé porte astérisque), seront reconnus par les plus anciens du Centre d'Instruction de Vilgénis. Que leur nom véritable soit cependant tu, et que le lecteur ne retienne que les mœurs de l'époque et celles du milieu industriel concerné.

J'ai également tenté, dans ma rédaction,de tenir compte des lecteurs autres que les anciens issus du Centre d'Instruction de Vilgénis.

Quant au titre ... Au delà des bouchures...

Je l'ai choisi en souvenir de ma bien aimée grand-mère, personne valeureuse dont l'enfance paysanne, très pauvre — durant laquelle la conduite et la garde des troupeaux tinrent lieu de temps scolaire — fut abritée la nuit d'une petite chambre non chauffée, au lit de paille partagé avec sa sœur, et qui, durant les longues heures du jour passées aux pâturages, fut protégée du vent, de la pluie et du soleil, par les haies ornementées et bruissantes, aux murmures que l'on dit savants, d'un bocage gracieusement vallonné, qu'en Berry, on appelle bouchures (cf. Annexe A).


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