Stade

Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle de Pierre Larousse

STADE(sta-de, grec stadion) Le nom de cette mesure de longueur vient de l'adjectif, stadios, fixe, permanent, qui représente, selon EichhofF, le latin stativus et le sanscrit sthatavyas, même sens, de la grande racine stha, rester, se tenir, que l'on retrouve avec une foule de dérivés dans toutes les langues de la famille indo-européenne. Ou a dit aussi que stadion est une forme attique pour spadion, du radical spa, étendre, qui est dans le grec spaô, étendre, et dans le latin spatium, espace, dont spadion serait l'équivalent exact.

Antiquité grecque.

Mesure itinéraire : Les Grecs mesuraient les chemins par STADES. Huit STADES valent un mille romain. (Acad.)

Carrière où les Grecs s'exerçaient à la course, et qui avait un stade de longueur.

Il est probable que, la carrière n'ayant d'abord qu'un stade de longueur, elle avait pris le nom de sa propre mesure, qui plus tard fut de beaucoup augmentée.

Métrologie ancienne.

Il existait primitivement deux sortes de stades, c'est-à-dire que les Grecs avaient donné ce nom à deux mesures fort différentes l'une de l'autre ; on distinguait le petit stade et le grand stade.

Petit stade. « Je compte , dit Hérodote, 200 stades pour le chemin qu'on fait ordinairement en un jour. » C'était donc le petit stade qu'employait Hérodote. Il n'est pas difficile de se convaincre que Xénophon s'en servait aussi lorsqu'il affirme que l'armée de Cyrus faisait 210 stades par jour et jamais moins de 150. Le petit stade a été, du reste, assez peu employé, et l'époque de sa grande vogue a été le règne d'Alexandre le Grand, qui comptait en petits stades pour donner des chiffres plus fantastiques en narrant les courses faites par lui en Asie. Le petit stade était, au dire de de La Barre, de 80 pas, tandis que le grand stade avait 133 pas et deux tiers.

Grand stade. C'était la plus longue mesure des Grecs; il contenait 400 coudées ou pieds. On le divisait encore en 100 orgyes de 4 coudées et en 6 plêthres de 100 pieds. Mais comme les pieds et les coudées variaient de contrée à contrée, il en est résulté que l'on ne sait pas au juste quelle était la longueur du stade. Et dans la suite, comme pour donner plus de travail aux savants modernes, les Grecs augmentèrent le nombre de leurs genres de stades, si bien que l'on en a compté jusqu'à cinq espèces différentes, parmi lesquelles il est difficile de ne pas s'embrouiller quand on étudie l'histoire grecque dans différents auteurs, chacun d'eux calculant par le stade qu'il connaît, stade qui n'a aucun rapport avec celui du siècle précédent ou de la province voisine.

Cent ans après Aristote, Eratosthène, qui demeurait à Alexandrie, reçut l'ordre de faire de nouvelles observations pour découvrir la circonférence de la terre entière. Il était précédé d'arpenteurs qui mesurèrent l'éloignement de Syène à Méroé, et, après un calcul assez compliqué, le philosophe crut avoir trouvé que la circonférence de la terre était de 252 000 stades. Plutarque nous apprend que Pythagore eut la curiosité de mesurer le stade de Pisé et plusieurs stades de la Grèce, et il trouva que partout on les avait divisés en 600 parties qu'on appelait pieds, dont la valeur variait de contrée à contrée. Nous trouvons dans Suidas trois différents rapports établis entre le mille romain et le stade. Selon cet écrivain, on donne au stade la huitième partie du mille, c'est-à-dire le stade italique de 625 pieds romains. Ce stade contenait 600 pieds de 25 demi-pouces ; mais, outre ce premier, il en suppose deux autres, l'un de 7 1/2 au mille romain et l'autre de 7 ; mais ces stades ne furent employés que pendant la période des derniers empereurs. Les anciens écrivains, mieux instruits, ont un stade d'une autre mesure.

Voici d'ailleurs une liste des différents stades :

Lorsque les Romains eurent conquis la Grèce, ils continuèrent les voies militaires, qu'ils divisèrent par milles. Les deux anciens stades devinrent donc inutiles ; mais les Grecs, accoutumés aux anciens noms de leurs mesures et jaloux de la conservation de ces noms, les employèrent à signifier les parties du mille, divisé en 10 ; le stade fut donc une mesure de 500 pieds ou 100 pas. Ces différences du grand stade, du petit stade et du stade postérieur à la conquête romaine ont donné lieu à mille erreurs, qui sont recopiées par les encyclopédistes. L'usage des anciens stades se conserva cependant toujours dans plusieurs endroits, surtout dans les lieux où la longueur en était déterminée par la carrière appelée stade.

Encyclopédie de Diderot et d'Alembert

STADE, s. m. (Mesure itinéraire des anciens) mesure de longueur des Grecs ; leur stade, selon Pline, étoit de 125 piés romains, & chacun de ces piés romains étoit de 12 pouces : il falloit 5 piés romains pour faire un pas géométrique ; ainsi 625 piés romains faisoient 125 pas géométriques, par conséquent il falloit 8 stades pour faire un mille romain ; donc les 800 stades faisoient 100 mille romains.

Pour réduire maintenant 800 stades romains à nos lieues de France, les lieues communes de France sont de deux mille 400 pas géométriques ; donc 800 stades faisoient 41 de nos lieues de France & 2/3 de lieue.

Je sais bien que M. de Barre a établi un systême tout différent de celui-ci ; il donne aux Grecs deux stades, un grand & un petit. Le grand stade, selon lui, étoit de 133 pas romains, deux tiers, & il y en avoit sept & demi au mille ; le petit stade étoit de 80 pas ou de 400 piés romains.

Encyclopédie de Diderot et d'Alembert - Supplément Panckoucke

Il y en a eu de plusieurs especes. Pline dit que le stade est de 625 pieds ; or, le pied romain étoit de 10 pieds 10 lignes 9/10, par un milieu pris entre tous les vestiges qu'on en a pu retrouver ; donc le stade étoit de 95 toises, ou plus exactement 94 toises, 693. C'est la huitieme partie du mille romain.

M. de la Barre, dans le tome XIX des Mémoires de l'académie des inscriptions, établit deux especes de stades grecs, l'un de 400 pieds romains, l'autre de 133 pas romains & deux tiers.

M. d'Anville, dans son traité des mesures itinéraires, publié en 1769, in -8°. croit que le stade pythique à Delphes, étoit de 125 toises. Il fait voir aussi qu'il y avoit un stade qui n'étoit que la dixieme partie du mille romain, ou 76 toises. Mémoires des inscript. tom. XXX. pag. 214.

Le stade de Xenophon, dans sa retraite des dix mille, & celui d'Alexandrie, paroissent avoir été de même espece, ou d'environ 76 toises. M. d'Anville, pag. 79 & 82.

M. d'Anville croit aussi trouver dans Aristote la trace d'un stade de 51 toises, mais il suppose pour cela que la mesure du dégré rapportée dans Aristote fût juste, & je crois que cette supposition est fort éloignée de la vraisemblance ; cependant il trouve encore dans l'histoire d'autres preuves d'un stade aussi petit, & sur-tout en Egypte. (M. DE LA LANDE. )

Thomas Corneille

STADE. s. f. Mesure de chemin particuliere aux Grecs, & qui a cent vingt-cinq pas geometriques de long ou six cens vingt-cinq pieds. Il faut huit stades pour faire un mille d'Italie. Ce mot vient du Grec stadion, Lieu où l'on s'exerçoit à la course. C'estoit chez les Grecs un espace découvert de la longueur de cent vingt-cinq pas, qui faisoient environ quatre-vingt-dix toises entre deux bornes. Il y avoit un amphitheatre tout le long de cet espace, & cet amphitheatre estoit occupé par ceux qui venoient voir avec quelle adresse les Athletes s'exerçoient à la course & à la lutte. Dans le mauvais temps on faisoit ces exercices dans des Stades couverts, qui estoient environnez de portiques & de colomnades.

Antoine Furetière

STADE. s. f. Mesure Grecque qui a cent vingt-cinq pas geometriques de long, ou 625. pieds. Il en faut huit pour faire un mille d'Italie. Il y a eu des stades de differentes mesures, suivant les lieux & les temps. Cette mesure est proprement celle de la course ordinaire de l'homme. En la Chine on se sert aussi de stades, dont les 250 font un degré de l'Equateur ; & ils appellent leur grande muraille par excellence, la muraille de dix mille stades, quoy qu'il s'en manque bien qu'elle n'ait cette longueur ; car cela seroit 40. degrez, qui sont plus grands que toute la Chine.

Trévoux 1743-1752

STADE. s. m. Quelques-uns font ce mot féminin, mais mal. L'Académie, Danet, Richelet, &c. le font tous masculin. Stadium. Le stade est donc une mesure Grèque, qui a cent vingt-cinq pas géométriques de long, ou 625 pieds. Il en faut huit pour faire un mille d'Italie. M. Dacier compte que 20 stades font une lieue de France. La Guilletière a suppute que le stade étoit de 600 pieds Athéniens, qui font un peu plus de 566 pieds de Roi, mesure de France ; ensorte que le stade ne seroit que de 113 pas géométriques. Il y a eu des stades de différentes mesures, suivant les lieux & les temps. Cette mesure est proprement celle de la course ordinaire de l'homme. A la Chine on se sert aussi de stades, dont 250 sont un dégré de l'équateur ; & ils appellent leur grande muraille par excellence, la muraille de dix mille stades, quoiqu'elle n'ait pas cette longueur ; car cela feroit 40 dégrés, qui sont plus grands que toute la Chine. Un stade est environ la 24e partie d'une lieue.

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