MACY (Massy) et IGNY en relation avec VILLEGINIS

Livre Voyage pittoresque des environs de Paris

Gallica - Bibliothèque Nationale de France


LEBEUF (Jean), historien et érudit français, né à Auxerre en 1687, mort dans la même ville en 1760, Il fut chanoine et sous chantre de la cathédrale d'Auxerre, et composa un très grand nombre d'écrits qui lui valurent d'être nommé, en 1741, membre de l'Académie des inscriptions et belles lettres. Nous citerons de lui :

Lebeuf avait, en autre, fourni au Mercure et aux Mémoires de Desmolets environ 160 opuscules. Il avait eu part à la nouvelle édition du Glossaire de Du Cange, à la nouvelle édition du Dictionnaire géographique de La Martinière (Dijon, 1740). Enfin il a fourni au Journal de Verdun 25 Dissertations ou Lettres remplies d'érudition.


MACY

Nous avons déjà vu que l'origine du nom de plusieurs Paroisses ne se présentait pas facilement. Macy est de ce nombre. M. de Valois a cru que le nom Maciacum viendrait d'un Seigneur ou Possesseur qui se serait appelé Matius ; mais comme ce nom latin appellatif est très rare et presque inconnu dans l'antiquité, je serais plus porté à croire que le Possesseur ou Seigneur de Macy qui lui donna ce nom s'appelait en latin Matthœus, en sorte que [de] de manière [que] d'Antonii Villa, on a fait Antoniacum, de Matthœi Villa on aura formé Mattheiacum, et de même que selon les anciens titres et les anciens Calendriers Mattheus a été altéré en Macé, aussi Mattheiacum l'a été en Macy, d'où, selon la Coutume des bas siècles, on a fabriqué le latin Maciceum qui était usité dès le XII siècle.

(1) Le nom Masciacus se trouve dans l'Histoire de l'Église de Paris (Tome II page 552), comme marqué dans un diplôme du Roi Lothaire, de l'an 980 ou environ ; mais il s'agit là d'un lieu situé au voisinage d'Épône proche Mante, et l'on reconnaît par la Bulle de Benoît VII qui suit, qu'on a voulu mettre Maceriæ et que c'est Mezieres-sur-Seine dont il s'agit. On voit aussi en l'an 832, dans la Diplomatique, un Massiacum, où l'Abbaye de Saint-Denis avait du bien ; mois il parait par le nom des lieux nommés devant et après, que ce Massiacum devait être vers la Brie ou le Mulcien. On a aussi dit anciennement Saint Macy pour Saint Matthias. J'ai vu un Acte de l'an 13.. du jour Saint Macy en Février.

Ce Village est situé à trois lieues de Paris, vers le midi dans un vallon très découvert, dont l'aspect est aussi du côté du midi un peu sur la droite du chemin d'Orléans, en venant de Paris.

M. de Valois, qui s'étend fort sur ce lieu, remarque qu'il est réputé le premier d'entre les Fiefs de l'Église de Paris, et se contente d'ajouter qu'il a donné le nom au Doyenné de Macy. Mais il aurait dû aussi dire que si Macy a été regardé au XIII siècle comme le chef d'un certain canton du Diocèse, c'est seulement dans l'énumération faite alors des Prieurés, selon laquelle les Doyennés ont d'autres noms que dans l'énumération des Cures. Car dans cette dernière énumération faite aussi au XIII siècle, Macy est placé au rang des Cures du Doyenné de Châteaufort, et n'est point lui-même chef-lieu d'un Doyenné de Cures.

Les monumens où il est parlé du fief tenu des Évêques de Paris à Macy, sont avec le Cartulaire de Longpont et d'autres Églises, ce qui fournit à l'Histoire de ce lieu un plus grand nombre de Seigneurs et de remarques sur ce qui les concerne.

Le Cartulaire de ce Prieuré nous fait remonter jusques vers la fin du XI siècle ou aux premières années du XII qui est le temps auquel vivait Gui Trousseau de la célèbre Maison de Montlhery. Haymon ou Aymon de Macy, se trouve témoin avec lui dans certains Actes. Sa femme, nommée Marie, fut mise au rang des Bienfaitrices pour une partie de la dixme de Villebon qu'elle donna.

On voit en l'an 1152, un Étienne de Macy, Chevalier, en dispute avec l'Abbé de Saint-Germain-des-Prez, Seigneur d'Antony, pour des intérêts temporels. Chacun des deux fournit un champion pour la décision de ses prétentions. Ce fut le champion de Saint-Germain qui arracha l'œil à l'autre ; il se jeta ensuite sur lui avec tant de vigueur que le champion d'Étienne se déclara vaincu. C'est ainsi qu'on décidait alors plusieurs différends par le combat. Les prétentions de l'Abbaye de Saint-Germain ne sont point détaillées. Il est probable qu'il s'agissait des limites et de quelques hôtes, car on verra ci-après que cette Abbaye avait des hommes à Macy ; il est aussi fait mention dans un Acte du XIII siècle d'un lieu dit les Ormes de Saint-Germain, lesquels avec Origny et Macy bornoient la dixme que Bouchard d'Amblenvilliers tenait à foi et hommage de l'Évêque de Paris. Ce canton appelé Origniacun dans le titre, fait aujourd'hui une partie de Macy du côté qui conduit à Wiceous, et on l'appelle le Bout d'Origny ou le Bourg d'Origny. Étienne de Macy, Chevalier, fut mis au rang des Bienfaiteurs de Longpont pour l'aumône qu'il y fit le jour que Guillaume, son frère, reçut la sépulture dans ce Monastère. Cet Etienne était surnommé Palmarius. Vers le même temps, c'est-à-dire environ l'an 1135 ou 1140, vécut aussi un Varin de Maciaco, selon un titre de Longpont.

Environ vingt ans après parait un nommé Burchard, Seigneur de Macy, mais avec un trait qui ne lui fait point honneur. Il encourut le crime de trahison contre l'État et ses biens furent confisqués. Thibaud, Évêque de Paris, représenta au Roi Louis VII qu'il avait commencé avec ce Seigneur un traité sur les dixmes de Macy avant que son crime fût découvert ; le Roi consentit de finir le même traité à Paris l'an 1150. Il était question de trois muids de froment et de trois muids de gros bled, de grosso Blado. Ce Burchard de Macy vécut longtemps. Il eut pour fils Geoffroy surnommé Sultanus ou Soltanus dans des Actes du Cartulaire du Prieuré de Longpont.

Sous l'Épiscopat de Maurice de Sully vers l'an 1170 ou 1180, vivait un autre Chevalier à Macy, nommé Guillaume. Ce Prélat donna Acte comme lui Évêque avait acheté de ce Chevalier du consentement d'Aveline de Macy, sa femme, tout ce qu'il possédait à Vitry. Le vendeur est appelé Matthieu dans un autre endroit. Sous le même Évêque et sous ses successeurs, vécut aussi Jean de Macy, qui est mentionné au Cartulaire de Philippe-Auguste sur Montlhery, et dans un catalogue des Chevaliers de la Châtellenie de Paris tenants quelque Fief du Roi. Ce catalogue met de suite après lui : Et Stephanus de Meldenor Varletus ejus.

En 1217 un Chevalier de Macy nommé Ferric. y possédait un bien qu'il donna de l'agrément de Basilice, son épouse, à l'Abbaye de Saint-Victor de Paris, ce qui fut ratifié par l'Évêque Pierre de Nemours, et en 1223 par son successeur Guillaume de Seignelay : c'est aujourd'hui ce qu'on appelle la petite Ferme, pour la distinguer de celle du Seigneur.

On trouve en 1250 un Guillaume de Macy prêtant foi et hommage à Evrard, Prieur de Saint-Martin-des-Champs, pour une maison. Dix ans après, l'Évêque de Paris, Étienne Tempier, reçut trois hommages, sinon pour des biens situes à Macy, au moins par des Seigneurs qui portaient le nom de cette Terre. Le jour de Pâques Jean de Macy lui fit hommage pour la dixme du lieu ; le dernier samedi du mois d'Août, Isabelle de Bourgaimont, veuve du Seigneur de Macy, s'acquitta du même devoir, et Philippe de Macy rendit le sien huit jours après, au sujet d'une portion qu'il avait dans la dixme de Macy. Celai de Simon de Macy pour les choses qu'il possédait dans ce Village est mentionné dans les Auteurs comme rendu dans le mois de Mai 1275 au même Évêque. Je ne crois pas que ce soit le même Simon, Seigneur de Macy, lequel avant son départ pour la Terre-Sainte en 1245 vendit à Guillaume d'Auvergne, Évêque de Paris, huit muids de bled sur la dixme totale de Macy, qu'il avait reconnu être mouvans de lui, ainsi que le reste de sa dixme et champarts.

L'Abbaye de Saint-Magloire avait aussi un droit à Macy dans le même siècle. C'était un droit de Tensement, appelé en latin Tensamentum ou Taxamentum. Il y a apparence qu'elle le tenait du Roi ; car alors le Prince pour prendre un lieu sous sa protection particulière, se faisait payer une certaine redevance annuelle ; ensuite cette redevance était quelquefois cédée à une Communauté par gratification, et souvent cette Communauté en faisait cession à des particuliers sous certaines conditions. C'est ainsi que le Tensement de vin sur Macy, qui avec celui d'Antony produisait huit livres de rente, fut possédé par Pierre de Condé, Archidiacre de Soissons et Clerc du Roi, lequel possesseur reconnut en 1208 le tenir de l'Abbaye de Saint-Magloire.

Depuis ces temps reculés je n'ai trouvé de Seigneur de Macy que Jean de Macy, Chevalier en 1321, auquel le Roi Philippe-le-Long écrivit pour qu'il dit qu'on donnât du spaciement au Prévôt de la Tour séculière de l'Évêque de Langres détenu dans les prisons de l'Évêque de Paris. Pierre de Villiers qui l'était vers 1350, suivant l'Histoire de Montmorency, ensuite en 1364. Il fut depuis Maître de l'Hôtel du Roi Charles V, Seigneur de Vaugrigneuse en 1378, et de l'Isle-Adam. Simon de Maintenon dit de la Queue, marié à Marie de Montmorency, était Sire de Macy vers 1350. Celui qui possédait la Terre de Macy en 1432, et dont le nom n'est pas marqué, était le plus cruel des tyrans. Il se joignit aux Anglais qui ravageaient le Royaume, s'étant mis à la tête de cent hommes. On dit qu'étant à la forte Maison de Maurepas, ses gens jetaient le monde dans un puits, et ensuite l'accablaient de pierres. Le sieur Haymond, Écuyer, âgé de 56 ans, est dit sieur de Macy dans sa déposition sur la Pucelle d'Orléans à Paris.

Jean de Garencieres fut Seigneur de Macy et de Croissy sous le règne de Louis Xl. Jean de Gaillon, Chevalier, lui succéda et l'était en 1488. Guillaume de Gaillon est dit Seigneur de Macy dans le Procès verbal de la Coûtume de Paris de l'an 1510.

En 1533, Louis de Harcourt fut sommé pour rendre foi et hommage de cette Terre à l'Évêque de Paris, en parlant à Anne de Prunelay, son ayeule. Je trouve que vingt ans après il y eut des Commissaires nommés par le Parlement pour la régie de cette Terre, à cause du Procès criminel commencé contre lui.

La mente Terre était possédée il y a cent ans par Martin Ruzé, qui obtint en 1635 qu'elle fût réunie au Marquisat de Longjumeau ou de Chilly. Les Lettres Patentes furent registrées au Parlement le 26 Mars de la même année. On sait communément depuis quel temps la même terre a passé dans la maison de Mazarin.

Ce qui fait voir qu'il y avait au XIII siècle plusieurs Fiefs dans la Paroisse de Macy, est l'usage que fit Aubert de Clichy-en-l'Aulnois de celui qu'il y possédait en 1238. Il le tenait de Philippe d'Aties, Chevalier, et il le vendit cette année-là à Marguerite, veuve de Hugues d'Aties, laquelle en voulait disposer en faveur du Prieuré de Clichy.

On a vu ci-dessus que Simon, Seigneur de Macy, avait vendu à Guillaume d'Auvergne, qui était Évêque de Paris en 1240, huit muids de grain, à prendre sur la dixme entière de Macy. De ces huit muids Guillaume en destina trois de ce qu'on appelait Hybernagium, et à la mesure de Paris, pour son Anniversaire : sa disposition fut effectuée en 1249, par deux Chanoines de son Église appelés Raymond et Henri Tubeuf, et par Radulfe, Abbé de Saint-Victor, qu'il avait nommés ses exécuteurs.

La Paroisse de Macy n'est pas composée seulement du Village de ce nom ; il y a encore deux écarts ou hameaux situés vers le couchant, et appelés l'un Villene et l'autre Villejenis. Comme il y eut autrefois et en même temps plusieurs Seigneurs sur cette Terre, chacun d'eux donna son nom à la portion qu'il possédait.

VILLENE, ou plutôt VILLEHEME, est écrit vulgairement Villaines, et prononcé de même : mais il faut se souvenir du Seigneur Aymon ou Haymon de Macy qui vivait il y a près de sept cents ans, comme il est dit ci-dessus. Il faut savoir aussi que ce nom latin Aymon ou Haymon s'est souvent rendu en langage vulgaire par Ayme, ou Hayme ; le principe posé de Villa Haymonis, quelques-uns dans les anciens temps tirent en français Ville-haymon, et d'autres dirent Villehayme, qui fut écrit Villéme par les Greffiers du Village : ensuite la ressemblance de Villéme avec Villette fit qu'on écrivit Villaines qui a passé dans l'usage. Il est parlé de ce petit Village dans la charte d'affranchissement des habitants d'Antony de l'an 1248, à l'occasion de l'écluse de la rivière de Bievre qui était alors à Villéme. Il est aussi fait mention du pressoir qui lui servait pour le vin en 1294, et en ces deux endroits ce lieu est toujours appelé Villa Haymonis ou VilleHemon. Je n'ai pu trouver aucun titre où il fût désigné en latin sous le nom de Villena ou sous celui de Villenæ, comme l'est la Paroisse de Villaines au-delà d'Écouen.

VILLEJENIS, que l'usage fait écrire Villegenis, me paraît pouvoir être dérivé de Villa Joannis, et avoir appartenu à la branche des Seigneurs de Macy nommés Jean au XIII siècle. Cependant si quelqu'un d'entre eux eût eu le nom de Genesius, cela sentit encore mieux. Ce Villegenis est un peu plus loin que Villene vers l'occident. Il en est fait mention dans l'Histoire d'Étampes de François de Vigny qui en était Seigneur en 1579. Le même l'était encore le 16 Mai 1597.
M. Glucq qui a eu cette Seigneurie en ces derniers temps, en a fort augmenté le Parc, y renfermant le canton appelé la Fontaine-Michel, dont il avait fait acquisition. Ce dernier écart de la Fontaine-Michel avait appartenu en 1618 à Charles le Voyer, Correcteur des Comptes, qui obtint alors permission d'y faire célébrer dans une Chapelle ; et sur la fin du dernier siècle il était à M. le Roy, Conseiller au Parlement de Metz. Je ne sais si ce serait lui qui en vendant cette Terre à M. Glucq l'aurait chargé de faire célébrer tous les ans dans la Chapelle un certain nombre de Messes. Villegenis appartient maintenant à Mademoiselle de Sens. Il y a dans le Parc quelques maisons de paysans.

Il y a des vignes aux approches de Macy : mais ce n'est point le bien principal de la Paroisse ; les terres labourables, les prés, les arbres fruitiers en forment le revenu.

Le livre des Élections du Royaume imprimé en 1709 ne compte que 76 feux en toute la Paroisse de Macy. Le Dictionnaire Universel de la France rencontre plus juste en y comptant 584 communiants. On y en compte aujourd'hui environ 600 et feux. Il y a plusieurs siècles que la partie des Paroissiens de Macy dépendante de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prez est délivrée de l'ancienne servitude. On lit que ce fut en 1247 qu'ils furent affranchis.

Le Château Seigneurial de Macy est situé au bas du Village dans la prairie. C'est un bâtiment qui peut avoir cent cinquante ans ; mais il n'y demeure que le Receveur ou Fermier. Il y a une Chapelle du titre de Saint Germain, laquelle est un titre bénéficial et imposé aux décimes ; mais elle ne sert plus à sa première destination. On ne sait même plus sous l'invocation de quel Saint Germain elle est. C'est le Seigneur qui y nomme Marie de Fourcy, veuve d'Antoine Ruzé, Baron de Macy, etc., Maréchal de France, y présenta le 25 Février 1633. Dans une collation de 1723 elle est dite être à la nomination Seigneuriale.

L'Église Paroissiale de Macy est sous le titre de Sainte Magdelene. Le bâtiment ne paraît être que du dernier siècle, excepté le portail qui est un reste de l'ancienne Église et qui ne se trouve plus vis-à-vis le grand Autel. Ce portail est du XII ou XlV siècle. Il reste dans le chœur les fragments de la tombe d'un Chevalier ou ancien Seigneur, dont les armes sont trois lambels.

On n'y aperçoit plus son nom, mais seulement on y voit l'année de sa mort qui est MCCLXXXX. C'est sans doute la sépulture d'un des Seigneurs nommés ci-dessus. Une autre tombe voisine représente un Prêtre revêtu selon l'usage des XIII ou XIV siècles, si c'est apparemment celle d'un Curé.

On lit dans les Registres du Parlement la Requête que les Marguilliers de cette Église présentèrent en 1562 contre Antoine Milet, qui, quoique nommé à cette Cure, ne la venait pas desservir ; la Cour nomma Jean de Queslain indiqué par les habitants pour être admis par l'Évêque de Paris à desservir cette Paroisse avec l'honoraire convenable ; le surplus du revenu du Curé fut saisi et on l'employa pour les pauvres.

La nomination de cette Cure a toujours été et est encore à la collation Épiscopale, pleno jure. C'est sur quoi tous les Pouillés sont d'accord. Le Curé reçoit des Décimateurs Ecclésiastiques la quantité de grain qu'on est convenu de lui donner.

Il y a eu autrefois une Léproserie à Macy. Elle est connue par un Arrêt du 3 Mars 1329 qui adjuge au Seigneur de Macy le pouvoir d'ordonner de l'administration de cette Léproserie, et d'instituer ou mettre les Frères et Sœurs pour en avoir soin.

La Maladrerie est une autre espèce d'Hôpital qui sert aujourd'hui au soulagement des pauvres de ce lieu, et où l'on instruit les jeunes tilles.

On tient qu'il y a eu autrefois un Prêche à Macy : l'endroit où l'on voit une Croix et quelques arbres.

Outre ce Macy il y en a deux autres en France, qui sont écrits Massy dans le Dictionnaire Universel géographique. L'un est au Diocèse de Rouen, proche Neuchâtel, l'autre au Diocèse de Mâcon, près de Cluny. C'est de Macy au Diocèse de Paris qu'était Philippe de Macy élu Prieur de Sainte-Catherine de la Couture à Paris l'an 1363, lequel conduisit en 1364 avec ses Religieux le corps du Roi Jean a l'Abbaye de Saint-Denis où il devait recevoir la sépulture.

On voit dans les Poésies latines de René Michel, Curé de Champlant, imprimées en 1658, une pièce de l'an 1632, intitulée Massiacum, et qui roule sur ce Village.

Le Poète débute ainsi : Est pagus non vite magis quam divite gleba Fertilis, etc. La pièce contient deux pages.

L'auteur paraît avoir eu de la prédilection pour ce lieu, parce qu'il y avait passé douze ans de sa jeunesse au service de Dieu, ainsi qu'il le dit. Au reste, il met simplement en bons vers ce que dit ci-dessus touchant le territoire de ce Village. À prendre littéralement ce qu'il dit ensuite du sermon que le Curé faisait dans l'Église pour exhorter ses Paroissiens à bien combattre, il semblerait qu'il y aurait eu alors dans ce Village un exercice de la lutte ou autre semblable qui se faisait après les prières de l'Église.

IGNY

Il ne se présente rien sur cette Paroisse qui puisse déterminer l'étymologie du nom ; il n'y a même aucun titre qui en fasse mention avant le XIIl siècle. Je n'en connais que deux, lesquels sont écrits en latin. Dans l'un il y a de Igniaco, et dans l'autre de Igny. Il est vrai qu'il semble d'abord que ce nom viendrait du mot latin ignis, mais il ne suffirait pas de le dire ; il faudrait établir une raison qui puisse fonder à le croire. Il y a en France deux ou trois autres Villages de ce nom, et même une Abbaye d'Hommes de l'Ordre de Citeaux, dont le nom latin depuis son origine au XIl siècle a toujours été dit Igniacum.

M. de Valois ne reconnaissant point dans le Pouillé Parisien du XIII siècle la Cure d'Igny sous le nom Ini, qui lui est donné par ce manuscrit, a éludé la difficulté et n'a point parlé du tout de ce Village.

Cette Paroisse est à trois lieues de Paris, un peu au-delà du midi en tirant vers le couchant. Sa situation est dans la vallée arrosée par la rivière de Bièvre, une grande lieue avant que cette petite rivière passe au pont d'Antony, mais le Village est posé sur le coteau qui regarde le septentrion, d'où l'on découvre Macy, Verrieres et leurs dépendantes. Comme la vallée commence à s'ouvrir davantage en ce lieu, les prairies y sont plus agréables, et l'on y cultive la terre plus aisément que dans quelques vallons par où passe la rivière de Bièvre en y venant. Un titre de l'an 1241 parlant des terres situées en ce Village sur le ruisseau, ne l'appelle pas autrement que Rivus de Igniaco. Suivant le dénombrement de I'Élection de Paris, imprimé en 1709, il y avait alors en ce lieu 122 feux. M. Doisy qui a publié le sien en 1745, n'y en compte plus que 82. Dans le Dictionnaire Universel du Royaume qui parut en 1726, on fixait à 370 le nombre des habitants.

Saint Pierre, Apôtre, est Patron de cette Paroisse. L'Église paraît bâtie de pierre d'Arcueil ; mais comme on l'a réparée et reblanchie avec grand soin en 1739, il est moins facile d'en connaître l'âge. Cette Église manque d'une aile vers le midi, mais elle est supportée par une bonne Tour, bâtie de grey en partie. Si l'on peut juger de l'antiquité de l'édifice par les tombes qu'il contient, on peut lui donner environ trois cents ans, au moins à celui du Chœur, où j'ai vu quatre ou cinq tombes assez effacées, dont il y en a des XIV et XV siècles. Mais la Sépulture la plus mémorable de cette Église est celle qu'on voit dans l'aile du Chœur. C'est une tombe sculptée en relief, supportée par quatre Lyons, autour de laquelle se lisent ces paroles :

Cy gist François de Vigny, Ecuyer, Seigneur de Gomonvilliers, fils de feu François de Vigny, Seigneur de Villegenis, Igny, et dudit Gomonvilliers qui décéda le 15 de May 1610.

Le lieu qui est nommé ici Gomonvilliers, est marqué Guemonvilliers dans toutes les Cartes des environs de Paris, gravées depuis soixante et dix ans. Il est situé proche Vauhallan.

Auprès de cette Tombe se lisent les Vers suivants, gravés sur un Marbre noir ; ils pourront paraître énigmatiques à ceux qui sont éloignés de ce Village.

LE FRERE A SON FRERE
De Vigny reçois les larmes
De son frère désolé,
Que la Justice et les Armes
N'ont pû rendre consolé.
J'ai poursuivi ta vengeance
Ton meurtre impuni n'est pas.
Et ton assassine engeance
Vit sa mort avec ton bras.
Mais encore que sa rage
Ait éprouvé ta valeur,
Je pleure que ton courage
N'a paru qu'en ton malheur.

Ce que j'ai pu apprendre d'une personne de considération qui a oui souvent les habitants raisonner à ce sujet, est que dans le dernier siècle la peste étant à Biévre, proche Igny, deux Demoiselles du lieu dit Favereuse de cette même Paroisse de Biévre n'ayant pu être administrées que par le Curé d'Igny, ce Curé ayant refusé la donation des bois qu'elles voulurent lui faire, elles la firent aux habitants d'Igny. Comme par la suite ce don souffrit quelques difficultés, ces habitants tirent quelque emprunt de leur Seigneur, dont ne pouvant pas l'acquitter, le Seigneur voulut avoir part aux bois, et qu'y étant allé à main armée, les habitants se défendirent et que ce fut alors que ce Seigneur fut blessé ou tué, dont ils eurent leur grâce.

On sent bien à cette complainte d'un de Vigny à un autre de Vigny décédé, qu'il faut qu'il y ait eu quelque émeute populaire dont la fin ait été tragique. Mais ce n'est point des habitants d'Igny que l'on peut tirer le détail de cet événement. Ceux des Villages voisins varient aussi dans les circonstances, et racontent le fait différemment. Ainsi il vaut mieux se taire que d'en rien dire.

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