AU DELÀ DES BOUCHURES
Ainsi vont débuter des liens cordiaux, avec des gens de qualité, attentifs et bons techniciens, qui me feront progressivement découvrir une Compagnie performante, avec des personnes attachantes.
M. Hamayed, homme de qualité, d'une grande finesse, convivial comme la majorité des Marocains, n'oublie pas, en fin de réunion, d'emmener déjeuner ses hôtes au Cabestan, restaurant renommé, au bord de la plage, qui offre de délicieux poissons bien cuisinés dont de fins rougets aux épinards.
C'est au retour d'un agréable moment à table que sa secrétaire m'indique, sans plus de précision, que quelqu'un souhaite me rencontrer. Fin sourire de M. Hamayed qui pénètre dans son secrétariat
Trois minutes s'écoulent et je vois apparaître René Brian, souriant, détendu. Satisfaits tous les deux de ces retrouvailles nous allons nous enfermer un petit moment dans son bureau pour remuer les bons vieux souvenirs et actualiser nos informations.
René m'apprend qu'il a tout de même dû attendre près de cinq ans après mon départ de la GV pour obtenir sa promotion, via son détachement auprès de la compagnie marocaine.
À la Direction technique de la RAM, directement sous l'autorité et l'animation de M. Hamayed, il traite les questions touchant les moyens industriels principaux, les investissements, et conduit les enquêtes et différentes missions à la demande du directeur.
Cette situation qui correspond bien à ses aptitudes et à son caractère un peu solitaire, lui convient tout à fait. Avec le bénéfice de l'échelle de paiement, allouée à tous les détachés, René me dit être désormais pleinement satisfait.
Hamdoulah !
Mai 1986. Ce doit être mon sixième ou septième déplacement auprès de Royal Air Maroc, mais ma dernière visite date de trois ans. Nous arrivons à Casablanca un lundi.
Il s'agit cette fois, en binôme avec Combelles, Sup' d'aéro chef de la division Airbus/ Concorde pour organiser les premiers rendez-vous afin d'effectuer un rapport d'audit de la Direction technique de la compagnie.
Et, bien sûr, je vais saluer l'ami René. Sourires, poignée de mains.
« Salut mon vieux René... !»
« Mounir, s'il te plaît, ... »
« Mounir...?»
« Oui, dorénavant mon prénom c'est Mounir... »
« Ah... bon, d'accord, mais explique moi un peu... »
Et voilà mon pote René, le Lyonnais, le discret, le pudique qui se confie, d'un seul coup dans une petite synthèse libératrice :
« Ben voilà, j'ai divorcé... Je ne me voyais plus finir mes jours à Combs-la-ville ou même à Lyon. J'aime bien le Maroc. Par ailleurs, j'ai connu une marocaine et je me suis remarié. Bon, alors ma nouvelle épouse et sa famille souhaitaient que je me convertisse à l'Islam. J'ai accepté, par amour pour mon épouse … et, maintenant j'ai un nouveau prénom, Mounir2... »
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