Ceux qui connaissent le père Kientz, son énergie, son honnêteté, mais aussi sa prudence de sioux et son énorme capacité de résistance, comprendront que cette déclaration était pour moi une assez grande satisfaction...!

Pour l'essentiel, je tiens René Brian au courant de sa situation, lui expliquant que j'aurais souhaité qu'il me succède, et que le trajet d'accès à la promotion passe, préalablement, par une inscription sur une liste d'aptitude. Je lui certifie avoir agi en ce sens et lui dis ma confiance en Kientz pour la suite. Je lui recommande de ne surtout pas céder au découragement et de « servir » Riou comme il m'a « servi. ».

René, à qui je fais lire sa Fiche d'Orientation et de Carrière ( FOC), me fait à nouveau confiance.

En février 1966, la prise de fonction de mon remplaçant Guy Riou se déroule harmonieusement. Intelligent, et intéressé, Riou, par ailleurs syndiqué FO, écoute attentivement tout mon « briefing », souriant au passage de certaines de mes allusions. Après avoir évoqué l'ensemble de la fonction, et ses exigences, j'en viens à parler des agents du service, de leurs qualités et de leurs singularités.

Déjà un peu connu de Riou, le cas particulier de René Brian fait l'objet d'un échange plus complet.

D'abord, je tiens à préciser que René n'était pas un ami, mais un copain qui avait fait montre, depuis son arrivée dans le service, de très bonnes qualités professionnelles et d'un engagement plutôt exceptionnel, et que pour ces motifs, il me tient à cœur de tout faire pour que les choses continuent ainsi, à l'avantage de tous. Je témoigne à Riou de la loyauté totale de René, et lui suggère, après vérification de mes dires, de lui manifester rapidement sa confiance, son estime et ultérieurement ... son appui. Sensible au fond de mon argumentation, Riou acquiesce pour l'essentiel à ma demande.

C'est dans ces conditions, — qui me semblent loyales et que je juge convenables pour Brian —, que je quitte Orly, début mars 1966, pour joindre, par allers-retours journaliers Boulogne(92), ville où, né de la volonté de plusieurs entreprises, se trouve le Centre d'études Supérieures Industrielles.

Année 1976. Il y a dix ans que j'ai perdu de vue le gars Brian. Après deux années passées au C.É.S.I, et cinq années au département Méthodes et moyens de Production, je suis depuis l'été 1974, en poste à Roissy au département Entretien Avions.

Une mission auprès de Royal Air Maroc m'est alors confié. Avec la perspective de mise en service sur New-York, d'un B 747, la direction technique de la RAM, souhaite bénéficier de l'expérience d'Air France concernant les postes de matériels révisables à mettre en place, connaître les temps de main-d’œuvre nécessaires à leur remplacement sur avion, les conditions « Atlas » et délais de révision de ces matériels, ainsi que les « specific requirements » à mettre éventuellement en place.

Je suis accueilli très aimablement à la Direction Technique de la Royal Air Maroc à Casablanca, par monsieur Rafik Hamayed el Mili , Directeur qui, lors d'une réunion très agréable, apparaît avec toute son équipe, faite de personnes compétentes, dynamiques et sympathiques. Me sont alors présentés, le sobre et rigoureux Ben Chekroun, chef des Études et futur Directeur du personnel, Mustapha El Ouaidi responsable production chargé du petit entretien des différentes flottes Boeing (homme d'expérience rompu à toutes les situations de production), l'intelligent, discret et souriant Mohamed Bellatig, ingénieur ENSAE, adjoint technique, futur successeur de M. Hamayed el Mili. (Au moment ou j'écris ces lignes, M. Bellatig est V-P engineering and maintenance de la R.A.M ).

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