AU DELÀ DES BOUCHURES
Mais la récompense suprême ne procède-t-elle pas de cette sensibilité organique, a priori gouvernée ? Heureusement que cette sensibilité, quelle que soit la valeur absolue, que l'on lui donne s'appelle la Vie.
Même si pour un groupe de savants, cela peut consister, en principal, à parler de notre système endocrinien et de la liaison de nos glandes et du système nerveux, il est intéressant de noter cette particularité qui distingue l'être humain normal de l'homme-plante de Roesh, individu à la vie essentiellement végétative, du fait de l'absence de glande thyroïde. Cela nous amène à considérer que la conception dynamique rejoint la définition vitale, et suggère de prendre en compte ce que les endocrinologistes appellent le carré de vitalité,3 auquel, elle nous semble bien souvent subordonnée.
Le bonheur est donc chose personnelle. Sentiment ou perception, quelle qu'en soit la raison, il n'est pas étranger à une notion de paix intérieure, d'équilibre et de joie de vivre.
Il est dans l'espoir et l'imagination, mais nous parlons de l'imagination force créatrice qu'on appelle aussi « les ciseaux de l'esprit », sorte de concepteurs imprimant au niveau de notre psychisme.
Il s'identifie alors comme élément moteur de la joie morale.
« Mais, précise le philosophe, il ne convient pas de le rechercher pour lui-même, nous risquerions de le manquer... »
« L'Homme dit le moraliste Bersot, n'est pas né pour être heureux, mais pour être homme, à ses risques et périls. »
Cette définition est valable, mais à notre sens insuffisante ; encore faudrait-il ajouter que son passage sur terre, peut permettre à l'homme d'espérer, de croire et même de goûter au bonheur !
Addendum du 30 mars 2017.
Enfin, comment ne pas observer, ce point troublant de notre singulière condition humaine que constitue l'épreuve, extrêmement douloureuse, à laquelle l'humain doit faire face, lors de la perte de l'être le plus cher.
Cette souffrance, cette infinie révolte et ce ponctuel mais déchirant désespoir devant l'injustice et le poids du malheur ressentis, se saisissent alors, — sans effort, avec délicatesse, accompagnés d'une mélancolie profonde mêlant à la fois tristesse et douceur — , du souvenir de tous les grands et petits bonheurs vécus avec cet Autre de chair et de sang, devenu(e) soudain physiquement absent(e), qui exacerbe plus encore notre sensibilité et notre peine, tandis que Sa présence désormais invisible au regard suppliant, s'installe définitivement près de celui qui reste, et que l'Esprit ouvrant, dans le silence, ses ailes, apaise avec le temps, offrant progressivement une nécessaire résilience, puis, presque fermement, invite à mesurer et à retenir, — comme une source vive, comme un précieux trésor, et comme une promesse —, la joie et la chance d'avoir, dans sa vie, rencontré cette personne aimée, et vécu avec Elle.
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