AU DELÀ DES BOUCHURES
AU DELÀ DES BOUCHURES
N'ayant pas, hélas, le talent d'un Guy de Maupassant, j'ai renoncé, bien vite, à intituler les textes qui suivent « Contes et nouvelles ». Mémoires ? Certes non, car ce n'est pas une œuvre littéraire comportant des données historiques. Ils ne constituent pas non plus, à vrai dire, un roman, même autobiographique, car il y manque, certains éléments majeurs. Disons qu'ils sont une chronique d'une vie, le témoignage d'un temps passé, peut-être plus exactement une chronique d'un parcours social original relatant au fil des pages, des souvenirs divers : surprenants, joyeux, émouvants, pénibles ou tristes, certains précieux. Témoignages rapportant des scènes parfois curieuses, inattendues ou incongrues, croquant pourtant des personnages réels, modestes ou importants, hauts en couleurs ou non, qui selon le cas, auront des déclarations aux termes assez crus ou des mots choisis pour des déclarations pouvant surprendre voire choquer. Évoquées également des personnes, amies ou non, que je tiens en grande estime, ou pour qui j'éprouve de l'admiration et/ou de la reconnaissance. Et ce, en essayant, chaque fois que possible, de teinter le récit d'un indispensable humour, d'une petite pointe de truculence, sans refuser l'accompagnement d'une inévitable mélancolie ...
L'identité de certaines personnes, que je considère, à tel titre, comme d'aimables compagnons de route, a été conservée. Celle d'autres acteurs du récit a été par contre modifiée, bien que leur portrait, leurs déclarations, ou le jugement éventuel porté sur elles aient voulu s'abstenir de toute inexactitude ou de tout mensonge. Que le lecteur retienne donc principalement les mœurs de l'époque et celle du milieu industriel concerné.
J'ai également tenté, dans ma rédaction,de tenir compte des lecteurs autres que les anciens issus du Centre d'Instruction de Vilgénis.
Quant au titre ... Au delà des bouchures...
Je l'ai choisi en souvenir de ma bien aimée grand-mère, personne valeureuse dont l'enfance paysanne, très pauvre — durant laquelle la conduite et la garde des troupeaux tinrent lieu de temps scolaire — fut abritée la nuit d'une petite chambre non chauffée, au lit de paille partagé avec sa sœur, et qui, durant les longues heures du jour passées aux pâturages, fut protégée du vent, de la pluie et du soleil, par les haies ornementées et bruissantes, aux murmures que l'on dit savants, d'un bocage gracieusement vallonné, qu'en Berry et Bourbonnais, on appelle bouchures (cf. Annexe A).
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