AU TEMPS... ET AUTANT DES CONSTEL'S.
L'entretien des avions Lockheed Constellation L.749 en 1952.
(Orly Nord. Hangars double-tonneaux à l'est du bâtiment de commandement)

La SECTION CONSTELLATION (l'appellation DIVISION n'interviendra qu'en 1956, avec le directeur du Matériel Jacques Scherer), du CENTRE DU MATÉRIEL D'ORLY (CMO) , dont les hangars double tonneau, sis à l'est du building, abritent les activités, est alors placée sous la responsabilité et le commandement d'une sorte d'armoire à glace, au cheveu déjà gris-blanc, au regard métallique incisif et malicieux, dont la seule présence, sonorisée d'un pur accent alsacien, impose l'attention, le respect et pourquoi ne pas l'avouer... l'admiration.

Ancien résistant, connu pour être à la fois un chef exigeant et un homme de parole, Willy Bœlher1, à l'origine Ingénieur des Eaux et Forêts, est à la fois craint et estimé de la quasi-totalité du personnel. Dans ces conditions, il n'est pas question de refuser de renforcer un soir une équipe, en heures supplémentaires, pour procéder à un changement moteur... au retour d'un courrier.

Après tout, la Prime de Continuité Aéronautique (P.C.A) existe.

L'adjoint Technique de la Section, Pierre Lafon, pionnier du Centre de Dakar, qui chapeaute le contrôle, ainsi qu'un modeste Bureau d'études (déjà fort occupé par les incidents techniques et les modifications à exécuter), est par ailleurs intarissable sur... les Îles du Cap-Vert.

Le père Venne, en charge de la régulation Avions, et logé au premier étage, descend régulièrement dans le hangar pour s'informer de l'avancement des travaux afin de confirmer la disponibilité des appareils. Son accent toulousain, véhiculé par sa voix de haute contre, est d'une savoureuse curiosité.

La gentille et belle Gisèle Bourot, Secrétaire de Monsieur Bœlher et future Madame Fraikin (un spécialiste instruments de bord. à la fois compétent, discret et sympathique), traverse parfois le hangar et sa chevelure rousse réchauffe, par sa flamboyance, le cœur … désemparé des jeunes mécanos...

Les activités de PETITES VISITES L.749 (Visites Journalières ou VJ, visites transit ou T1, T2 non encore appelées PETIT ENTRETIEN ou P.E.), dont l'emblématique équipe « Changement Moteur » (« hyper activée » à l'époque, par les problèmes des WRIGHT 3350, suite aux sollicitations de trafic liées à l'ouverture récente des lignes Paris-New York-Mexico et Paris-Tokyo), et les spécialistes du Speedpack (soute ventrale démontable permettant un emport supplémentaire telle une voiture), installées dans le hangar le plus proche du building, relèvent d'un chef d'atelier, peu charismatique, nommé Chaillot. Ce maître du « palais », affiche un regard si méfiant, sous des verres double foyer, que le surnom qui lui a été donné ne saurait être rapporté ici. Le contremaître est, lui aussi, un Alsacien et se nomme Noeppel.

Une équipe de « petites visites » (hangar ou piste), aux plans technique, organisationnel et social, s'établit autour d'un équipement mobile, sorte de bahut sur roulettes — à ne pas confondre avec une servante de piste ou d'atelier — comportant le plus souvent, un plan incliné formant pupitre, des casiers latéraux (grillagés ou non) destinés à recevoir — outre les caisses à outils — différents outillages dont des cales avion, le consommable matières, quelques chiffons et autres produits de nettoyage, momentanément des équipements révisables, et des éléments personnels allant des effets aux casse-croûte ; et même un casier mieux équipé et fermé au cadenas, véritable ancêtre au sol du futur polymeuble bar (meuble central 1re classe B 747, années 80, sur lequel, l'hôtesse et les passagers trouvaient les revues et les boissons disponibles, hors repas, pendant le vol), casier pourvu en boissons apéritives diverses qui, contrairement au Magasin, ne devait, en aucun cas, souffrir d'un "manque approvisionnement" !

Ce point d'appui (sens propre et sens figuré) et de ralliement des équipiers, voit défiler, sur le pupitre du chef d'équipe, la feuille de visite de l'avion indiquant matricule, nombre d'heures de vol, type de visite, les documents de travail, (sur lesquels sont recueillies les signatures des intervenants), les bons matières, les bons de déplacement du personnel, les feuilles d'heures

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