Voilà exactement, dans quelles conditions, assez originales, se sont ouvertes pour moi les portes de la catégorie « maîtrise ». Avant son départ, Fangeat me précisa quelques règles intéressant l'établissement du planning et guida mes premiers pas sur la chaîne commandée par Monsieur Vidaud, (père de notre copain de Vilgénis) qui m'accueillit gentiment.

Le jeudi de sa dernière semaine à Orly, en compagnie de son complice Jean-Marie Thévenet, et poursuivant sa « mission de mise en place » il m'invita à déjeuner, chez lui, dans son petit mais coquet appartement de la rue Monge à Paris. Son épouse était en famille. C'est donc lui qui s'était donné la peine de préparer le repas. Nous fîmes honneur à un superbe steack servi avec des frites, suivi d'un généreux plateau de fromages arrosé d'un très bon Médoc.

J'étais honoré d'être invité avec Jean-Marie et heureux d'être en compagnie d'anciens.

À la fin du repas, j'interrogeai Fangeat sur les motifs de son comportement à mon égard. Laconiquement, il me répondit qu'il n'y en avait pas d'autres que de provoquer la hiérarchie... mais en prenant soin de leur proposer quelqu'un de pas trop con...!

En juillet mille neuf cent soixante dix-huit, alors que je viens de prendre le commandement de la production à Toulouse et conduis une réunion intéressant les grandes visites B.727, Fangeat est présent en qualité de chef « approvisionnements et magasin » de la Division gestionnaire de l'avion à Orly.

À la fin de la réunion, pour lui marquer ma sympathie, je l'invite à déjeuner au restaurant. Durant le repas, il me demande si je suis satisfait de mon poste. Je lui réponds bien sûr positivement, et j'ajoute plus ou moins maladroitement que tout cela à débuté un peu grâce à lui.

La réponse fuse, mais aimable cette fois : « Peut-être un peu grâce à toi aussi, car tu as dû bosser quand même pour arriver là...! »

Sacré Fangeat, toujours caustique (je ne déteste pas), mais également pudique, lucide et généreux, improbable déclencheur de ma carrière, je te dis cordialement un grand merci.

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