Fin août de la même année, j'ai reçu ma notification de reclassement à l'échelle 8 mensuelle et ce à compter du premier juillet. L'homme avait tenu parole.

Par la suite, en liaison avec l'achat de mon appartement, Monsieur Le Goubin, à titre Air France, donna un avis très favorable à ma demande d'un prêt principal important, eu égard à mon salaire, auprès du Crédit Foncier de France.

Je l'ai revu une dernière fois, en 1978, au pot de départ en retraite de Lucienne Soubrié, qui fut sa compétente et dévouée secrétaire durant les années où il fut en fonction à Orly. Malheureusement, une grève surprise des tractistes avions à Roissy/entretien imposa, mon retour à Roissy et mit fin à un entretien chaleureusement débuté.

Demeuré en poste à Orly, plusieurs années après notre entrevue accidentelle, il exerçait disait-on avec une aisance rare sa compétence et donnait, à chaque occasion, libre cours à sa très forte personnalité. Ainsi, dès le début, il s'était lié au sous-directeur Jean Costes, s'affranchissant de l'autorité d'un certain Yvan Lavigne, chef des moyens Généraux, socialiste, souvent « ricardé », vieux vicieux poursuivi par le démon de midi, homme douteux, rustre et méchant, mais toujours prêt à pardonner une erreur à son personnel féminin, moyennant un peu de compréhension de la part de la « fautive »...

En charge de la rédaction des comptes-rendus des réunions de délégués, sans prise de notes, dès la fin de la réunion, il en dictait directement le texte à Madame Soubrié. Admirative la secrétaire ajoutait que texte initial était rarement retouché.

Par ailleurs, Guy Le Goubin ne supportait pas de perdre son temps et ne cachait pas détester les fâcheux et les cons, à plus forte raison, s'ils étaient bien placés dans la hiérarchie...

À untel, chef de division, qui venait, trop souvent, le solliciter pour traiter un nombre important de sanctions, il recommandait sans ambages, de commencer par mettre enfin à jour des notations professionnelles trop souvent absentes ou superficiellement rédigées.

Recevant un jour le chargé de Mission, Inspecteur en Chef, rattaché directement au Directeur du Matériel, venu le saisir de futiles questions intéressant le fleurissement du précédent parking sis devant le bâtiment de commandement, après avoir accepté de subir le fâcheux pendant un long moment eu égard à son niveau hiérarchique, il lui conseilla de s'adresser à un jardinier pour traiter ses très importantes questions. À peine son interlocuteur eut-il le dos tourné, qu'il soulageait son agacement devant sa secrétaire:

« Mais, il est nul ce mec,... nul et con..! »

« Oh... Monsieur, vous parlez d'un chargé de mission auprès du Directeur.. »

« Chargé de Mission, … chargé de Mission,... chargé de mes couilles... oui...! »

Lucienne Soubrié, qui raconte l'histoire quelques années après, part d'un grand fou-rire...

Respectueux avec son personnel, mais cependant soucieux de soigner sa réputation, Guy Le Goubin s'autorisait, parfois, dans le langage quelque liberté. Ainsi pour demander à sa secrétaire de bien vouloir faire venir rapidement, dans son bureau, Madame Moulin, honorable responsable de la section « gestion du personnel », il avait cette savoureuse formule, à n'en point douter, issue des profondeurs marines :

« Dites à Estelle de rappliquer dans le bureau, ... culotte à la main...! » (Toutes affaires cessantes)

Jean Costes, Jean Bavoux et Guy Le Goubin, hommes de caractère, de qualité, ... et d'esprit déjeunaient ensemble, assez régulièrement, à l'hôtel restaurant Les Charmilles, dans le vieil Orly.

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