AU DELÀ DES BOUCHURES
Au global, l'ordonnancement des opérations est donc très insuffisant et ce sont finalement les chefs d'équipes qui organisent, chacun à leur manière, leur chantier et ce, sans prise en compte, a priori, des contraintes éventuelles des autres équipes.
Le professionnel, muni du bon matières rédigé par le préparateur, après identification du besoin via le Parts catalog, doit ensuite se déplacer pour présenter sa demande au guichet du magasin, et selon le cas, percevoir le matériel, ou, en cas de non satisfaction du besoin, repartir dans l'attente d'une fourniture à commander auprès du constructeur.
Cette commande d'approvisionnement en dépannage, nécessaire aux travaux en cours, fera chaque fois que nécessaire, l'objet, de la part de l'approvisionneur, d'une commande effectuée sous le sigle international signifiant l'urgence du besoin ; A.O.G (Aircraft On the Ground).
Le préparateur est également en liaison avec les différents organismes gestionnaires de matériels révisables.
Dans ces conditions, la réussite du chantier, — dont la durée est désormais de deux semaines et demie en dock—, repose essentiellement sur la qualité des équipes en place (connaissance pratique de l'avion, sens des responsabilités et disponibilité des compagnons, animation, gestion et capacité de collaboration des chefs d'équipes), la compétence technique des contrôleurs, et l'animation du chef de chaîne.
Marseillais d'origine, ancien de Marignane venu à Paris, mécanicien promu chef d'équipe puis nommé contremaître chef de chaîne, Kléber Vidaud, syndiqué cadre CGT, est à la fois compétent, actif, soucieux, nerveux, et généreux. J'ai droit à sa confiance, à sa sympathie, à ses questions et aussi à ses préoccupations dès qu'il s'agit des papiers ou d'un manque matières.
L'agent de chaîne est donc un point d'appui administratif majeur et, via le préparateur « matières », un point d'information matières important, mais sa capacité de coordination et son apport quant à l'organisation de travaux est, en réalité, bien modeste. Le suivi du chantier, y compris les mouvements de personnel et déclenchements éventuels d'heures supplémentaires, procèdent principalement de contacts journaliers, sur le tas, entre le contremaître et les chefs d'équipe, et d'arbitrages, en tant que de besoin, rendus, lors d'échanges plus ou moins vifs, dans le bureau du chef de chaîne.
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