Le déroulement du chantier repose donc principalement sur l'autorité et l'animation du chef de chaîne tant vis-à-vis des chefs d'équipe que des contrôleurs. Le rôle de l'agent de chaîne consiste, là encore, principalement en une aide administrative et un suivi des dépannages matières.

Maurice Gruson quitte l'organisme de grand entretien en septembre 1957 pour prendre le poste de chef du service Méthodes du département Méthodes et Moyens de Production.

À ce poste, avec pugnacité, il va faire en sorte de faire avancer, nous le verrons de façon majeure, l'organisation des chantiers de grand entretien des futures flottes, dans le hangar N5.

Pierre Carriolle, ingénieur des Arts et Métiers, précédemment en poste à Saïgon, lui succède dans le poste d'adjoint chargé de la production. Officier de marine, l'homme, à la fois réservé et affable, est dit-on, un protégé de l'amiral Paul Louis Hébrard, futur Président d'Air Inter.

Habillé d'un costume gris-bleuté, d'un prêt-à-porter de qualité, cravate discrète mais de bon goût, mise impeccablement complétée par des chaussures classiques, celui qui sera rapidement appelé Pierrot par les jeunes agents de maîtrise du bureau des Méthodes, porte une tête « croc-magnonne » aux yeux ancrés dans leurs orbites, avec deux oreilles décollées du type à recueillir les confidences, et marche le plus souvent la main gauche dans la poche, sa main semblant toujours à la recherche d'un réajustement interne.

Chaque jour, dès huit heures trente, il parcourt le hangar et vient successivement saluer le chef d'atelier, les contremaîtres chefs de chaîne et les agents de chaîne et quelques chefs d'équipe rencontrés sur son passage. Auprès de chacun, il prend connaissance de l'état d'avancement des chantiers, des événements, des difficultés éventuelles.

Avec moi, désirant certainement, à la fois, prendre connaissance des travaux et se faire une opinion sur ma personne, il organise un contact journalier, de durée une heure, pendant lequel il m'interroge sur chaque travail supplémentaire et sur le temps alloué. Ses questions ne manquent pas de finesse, mais dès que l'on arrive aux temps alloués, pour environ quatre-vingt-dix pour cent d'entre eux, il se satisfait de les diminuer de dix à quinze pour cent.

Au bout de plusieurs séances, à déroulement sans désaccord, je ne résiste pas à lui dire, que je pourrais faire, moi-même, ce petit travail de rabotage. Il me rétorque qu'il souhaite, pour l'instant, conserver cet usage. Cet entretien lui permet de corroborer mes informations avec celles qu'il a recueillies lors de son passage dans le bureau du contremaître... mais également, comme je l'avais deviné, de se faire une opinion sur moi.

Comme il s'interroge sur le moyen de maîtriser des temps passés, et donc du coût en main-d’œuvre visites, je lui résume mon point de vue, — intégrant les premières conclusions issues des nombreux entretiens que j'ai déjà eus avec Maurice Gruson, — en proposant trois actions possibles :

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