AU DELÀ DES BOUCHURES
L'emménagement dans le nouvel hangar N5 — qui succède à l'occupation du nouvel hangar N3 par l'activité de Petit Entretien avions — bâtiment capable par ses dimensions d'abriter quatre chaînes d'entretien en parallèles, a lieu début juillet mil neuf cent cinquante-huit.
Sur le plan organisationnel, avec les possibilités d'implantation offertes par le nouvel hangar dont les aménagements ont bénéficié de l'expérience de Maurice Gruson, précédent adjoint chargé de la production qui — dans le cadre de ses nouvelles responsabilités de chef du service Méthodes du département Méthodes et Moyens de Production et, à ce titre, correspondant Air France auprès d'Aéroports de Paris — a fait installer, face à chaque chaîne, une construction métallique séparée en deux bureaux : l'un destiné au chef de chaîne, l'autre destiné à l'agent de chaîne, le planning, et l'agent administratif désormais rattaché à l'agent de chaîne. Simultanément, il est décidé de rattacher hiérarchiquement les préparateurs matières à l'agent de chaîne et de les fixer géographiquement en les installant, avec leurs pupitres, à proximité de chaque bureau d'agent de chaîne.
Ainsi, un déménagement et l'occupation de nouvelles surfaces viennent, — comme ce sera souvent le cas, lors de réimplantations d'activités que je conduirai plus tard, — d'être l'occasion d'une nette évolution concernant la Préparation du travail sur chaîne, avec une véritable prise en compte des fonctions ordonnancement, préparation matières et lancement.
Le travail de Maurice Gruson ne s'est pas arrêté là.
Dans le bureau destiné à l'agent de chaîne et à l'employé administratif, seront installés des tableaux à gouttières destinés à recevoir les bandelettes représentant, selon la couleur correspondante, (blanc pour les travaux standards, vert pour les modifications, et rose pour les travaux exceptionnels), et répartis par équipes, tous les bons d'opérations concernant la visite en cours.
Le discret, mais tenace et efficace gadzard, est venu plusieurs fois échanger, avec pour chacune des chaînes, l'ensemble de la maîtrise de production (chefs d'équipes, contrôleurs et agent de chaîne), concernant la mise en service et l'utilisation du planning gouttière. Le circuit des bons d'opérations a été examiné et il a été décidé de traiter et déterminer, chaque fois que possible, les besoins en matériels, avant de fixer le temps alloué pour l'opération, et sa figuration au planning.
Pour suivre en temps réel le déroulement du chantier, il a été demandé aux chefs d'équipe de rendre sans tarder les bons des opérations terminées après vérification des signatures.
Ainsi se sont établies, progressivement, dans l'entendement des participants, les nouvelles règles et les responsabilités de chacun concernant la façon de faire vivre ce canevas analytique que devait être le planning gouttière.
Mi-juillet de la même année, je suis informé de ma promotion en catégorie maîtrise. Et dès fin août, cette promotion est traduite sur ma feuille de paie, avec un rappel de salaire à compter du premier janvier précédent. Ainsi le pari de Fangeat s'est réalisé. Très satisfait de ma hiérarchie, je remercie dans l'ordre Lucien Duménil, Pierre Carriole et Jean Bavoux.
Fin mil neuf cent cinquante-huit, la démission de notre collègue et copain Roger Gauvin, agent de la chaîne Bréguet 763, — qui quitte Air France pour aller diriger une concession Renault avec garage important en Provence — me vaut d'être invité par la hiérarchie, à le remplacer au pied levé dès janvier 1958. Contrairement à la situation précédente vécue avec Kléber Vidaud, Robert Picard, qui reçoit en échange un agent de maîtrise chevronné lui convenant, ne s'offusque pas du tout de ma nouvelle affectation, et me souhaite aimablement bonne chance pour la suite.
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