ORDONNANCEMENT/LANCEMENT (2ème temps)
Agent de chaîne.
Direction du Matériel, GE des flottes L.1049/1649, B 763, B707, SE 210. Hangar N5 d'Orly (septembre 1959 / juin 1961)

L'année mil neuf cent cinquante-neuf marque, pour Air France, une très importante accélération concernant l'évolution des flottes moyens-courriers et longs-courriers. Alors que la flotte L.749 Constellation ne compte plus que 15 appareils en service et doit disparaître dès décembre 1960, que 22 avions L.1049 C, G Super Constellation, 10 L.1649 A Super Starliner et 12 Bréguet 763 sont en exploitation,

- entre le 2 avril et le 11 décembre, neuf appareils SE-210 Caravelle1, allant du F-BHRA2 au F-BHRI, (aux noms de baptême qui vont d'Alsace à Bretagne),

- entre le 21 octobre et le 21 novembre, trois Boeing B707-328A3, les F-BHSA, F-BHSB et F-BHSC, châteaux de Versailles, de Chambord, et de Fontainebleau), sont réceptionnés et mis en service.

Au premier juillet mil neuf cent cinquante-neuf, Yvon Lebel, — fils d'un ancien chef d'atelier de chaudronnerie, frère cadet d'un contremaître de même activité et ancien chaudronnier lui-même, — brandissant tel un gonfanon de croisade, outre sa filiation dans le travail du métal léger, une ancienneté à la fois riche d'expérience et armée de sagesse, avait, enfin, « arraché » sa promotion.

À force de prétendre pouvoir faire mieux que notre chef Duménil, il a même, hélas, convaincu Jean Bavoux, de le nommer à sa place comme chef de la préparation.

Duménil, qui n'a jamais protesté contre cette manœuvre, a été nommé chef de l'approvisionnement et du magasin, Ce mouvement, qui convient mieux à son sens des responsabilités et à ses qualités pratiques, semble d'ailleurs le satisfaire. Sans trop oser l'affirmer, nous savons que nous perdons un chef discret, peut-être timide, mais en tous cas, tout à fait correct.

Yvon, qui a toujours été sympathique et arrangeant avec moi lorsque j'ai eu, parfois, à m'absenter (avec récupération d'heures supplémentaires) ou traiter par téléphone, des problèmes concernant mon appartement, me pose — ainsi qu'à mes collègues Roger Dombre, Pierre Anselme, et Pierre Topenas — d'entrée de jeu un problème important, en ce sens qu'il s'avère incapable d'objectif et de synthèse en matière d'organisation.

Il cantonne son équipe à une action administrative de mise à jour des bons d'opérations standards et passe plus d'une heure par jour au secrétariat (sans aucune intention lebelliqueuse !) à relire, après frappe, les bons corrigés, genou contre genou avec les dactylos.

Les agents de maîtrise du service n'ont aucunement l'intention de lui nuire, mais s'interrogent très fortement sur ses capacités à diriger la Préparation, et en conséquence sur l'intérêt de demeurer dans ce service. Triste ambiance.

Je choisis de parler avec lui, l'assure de ma sympathie et lui promet de le tenir loyalement au courant de la situation sur chaîne, mais lui demande en échange de toujours prendre mon avis avant de décider quoi que ce soit concernant le domaine de l'agent de chaîne. Il me donne son accord.

S'agissant du planning directeur par type d'avion dont l'établissement est de la responsabilité de l'échelon central de son service, je lui explique pourquoi je considère que le suivi d'évolution de ce document relève de l'expérience et de la responsabilité de l'agent de chaîne.

Roger Dombre, dont les avis judicieux n'intéressent pas la matière grise de notre chef Yvon, patient, attend le moment propice pour changer de poste. Poursuivant l'idée de son choix précédent, Pierre Topenas cherche, plus encore qu'avant, une autre affectation.

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