AU DELÀ DES BOUCHURES
Le programme des travaux concernant les caractéristiques de vol de l'appareil — appelé FLIGHT CHARACTERISTICS IMPROVEMENT PROGRAM (FCIP) —, consiste pour l'essentiel, à :
Ces modifications très importantes seront également suivies par le remplacement (problème de corrosion) des bagues de fixation du stabilisateur — plan « fixe » devenu réglable, par un énorme mécanisme de « vis sans fin » sur cet appareil — sur le caisson de torsion du « plan fixe. » Opération de haut niveau de précision technique, qui requiert la venue d'un team Boeing de très grande qualité. Cette équipe, de trois techniciens, conduite par un nommé Max Pangburn, — chef du détachement, calme, intelligent et rompu à toutes les spécificités intéressant ce chantier — va susciter l'admiration de tous, compte tenu de son organisation et de ses moyens. L'opération d'une grande délicatesse d'exécution, requiert de gros alésoirs spéciaux, d'un diamètre inhabituel, égal ou dépassant le pouce, et exige de respecter des tolérances faibles. Un jeu important de superbes photographies grand format, accolées à chaque phase d'exécution, sert de précieux guide aux opérateurs. Les alésoirs au nombre d'une douzaine (avec un jeu neuf de rechange au cas ou) sont contenus dans de larges coffrets de protection type coffrets à bijoux. Extrêmement bien conduite par une équipe américaine sobre et efficace, cette intervention témoigne également de la remarquable capacité logistique et de la considération que les américains porte à l'organisation d'un chantier. Sur les avions suivants, toujours sous le contrôle de l'équipe Boeing, elle sera conduite avec succès par les mécaniciens du hangar.
Les chantiers se déroulent donc sans véritable difficulté. Les réglages et essais de l'ensemble des circuits, effectués en horaire administratif, permettent une formation des agents sur le tas, profitable à la campagne suivante.
Le chef du détachement Boeing, Max Pangburn, taille moyenne, la cinquantaine atteinte, le visage rond avec un regard bienveillant, enveloppée des volutes de fumée s'échappant avec discrétion de sa bouffarde allumée lorsqu'il rejoint son bureau voisin du mien, se révèle rapidement un personnage attachant et plein d'humour. Il a bien sûr emporté avec lui les photographies de toute sa famille et me présente ainsi son épouse, et sa fille hôtesse de l'air. À l'occasion de nos nombreuses conversations techniques ou non, nous ne manquons pas de sympathiser, pour mon plus grand profit intéressant la pratique du langage américain.
Un soir de février, je l'invite avec son équipe, Carriole et Mirikelam à prendre un pot à la maison. Un bien modeste scotch J and B avec olives compte tenu de mes moyens. À l'occasion de cette visite à domicile,un peu impromptue, je montre à Max une bouteille de cognac, gainée d'osier, et munie d'un système musical à remontoir. Celui-ci semble très intéressé par la bouteille. Je lui propose donc de goûter ce cognac, mais il décline mon invitation, tout en continuant d'écouter plusieurs fois, ravi, le court mais agréable thème musical. Soudain, il me propose d'acheter la bouteille. Je lui réponds que j'aimerais lui offrir, mais que dans le cas présent, je ne peux pas. Il insiste pour me l'acheter, jusqu'à ce que lui explique, plus ou moins adroitement, devant ma moitié inquiète, que cette bouteille m'a été offerte par la mère de mon épouse, à l'occasion du Noël dernier et qu'en plus, ce modèle ancien, était le dernier spécimen d'un magasin de Brive. Je regarde Carriole d'un air désespéré pensant qu'il lui offrira, sur budget Air France, un modèle plus récent, mais l'heure ne semble pas à l'initiative voire à la dépense.
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