LANCEMENT et ... COORDINATION. (épisode 3/4)
Agent de lancement sur chaîne... puis chef d'un échelon regroupant 35 personnes. Direction du matériel, GE des flottes B707, SE-210 et conventionnels. Hangar N5 d'Orly
(juin 61/juin 1963).

...et, tout en m'entraînant avec lui dans une longue marche, Pierre Carriole m'a expliqué la situation liée aux succès commercial (lignes et fréquences), de flottes à réaction plébiscitées par le passager.

« Concernant le B707, avec l'ouverture de nouvelles lignes et, au fur et à mesure, la multiplication des fréquences, les besoins commerciaux sont tels, que le programme industriel, c'est-à-dire la chaîne de grand entretien ne démarrera que le 10 octobre 1961 et le dernier appareil devra être livré à l'exploitation au plus tard le 13 mai 1962... Alors mon jeune ami, je vous informe que l'on devra, nécessairement, effectuer des visites en un total de deux semaines et donc, en pratique, avec une immobilisation de l'avion en dock de 9,5 jours... Seul l'appareil qui sera en visite au moment des fêtes de fin d'année, compte-tenu des congés et récupérations qui seront demandés à cette époque, sera programmé avec un délai de 13,5 jours dock. Et dans ces conditions, j'ai besoin de savoir si, au point de vue planning, c'est possible, et donc, je vous demande si vous vous sentez de taille à étudier cette affaire et, si oui, dans quel délai je puis espérer votre réponse … »

« Monsieur Carriole, ce que vous me demandez de faire c'est un travail de fond, qui ne va pas consister à repositionner les opérations en fonction de nouveaux effectifs découlant d'une simple règle de trois. Au niveau de chaque nouvelle planification concernant un circuit, il va falloir s'interroger, et observer, travaux supplémentaires compris, les encombrements de certaines zones, de façon à déterminer le nombre de compagnons pour chaque horaire de travail, « administratif, matin, et soir. » Ensuite il faudra veiller à un ordonnancement équilibré entre l'ensemble des professions, le tout en intégrant les contraintes de gestion d'effectifs de façon à ne pas avoir, par exemple, cent compagnons nécessaires la première semaine et un besoin limité à quarante personnes la seconde semaine. Par ailleurs, les divisions gestionnaires d'équipements, qui vont devoir prendre en compte ce délai raccourci de réalisation de visite, ne vont pas manquer, pour certains postes, de nous demander d’accélérer les démontages. Donc il va y avoir des d'objectifs à effets parfois contradictoires et là aussi, le travail final va consister à veiller à la fois à la faisabilité et à l'harmonie du déroulement du chantier... »

« Vous avez tout compris .. Alors, votre réponse ? »

« … Et les besoins matières ? On ne peut pas inventer un planning serré et avoir des compagnons qui attendent les pièces... »

« Non bien sûr, mais c'est de la responsabilité du magasin... »

« Et si on faisait ce qu'on a déjà évoqué de nombreuses fois ?, … réaliser des caisses d'opérations matières, de façon à bénéficier, d'entrée de chantier, d'une disponibilité matières sur chaîne pour tous les postes identifiés, à consommation connue... »

« C'est à examiner, mais sachant que ça va coûter cher... Mais alors concernant le planning, quelle est votre réponse... »

« J'accepte, mais comme je prends quinze jours de congés seconde quinzaine de ce mois de juin, et que j'estime qu'il me faut bien six à huit semaines de travail, je m'engage à vous présenter l'étude dernière semaine d'août. Je vous demande de me confier aussi la définition des caisses d'opérations matières, et pour cela, il me faut le gars Cabot, le préparateur, pendant le même délai !. »

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