Dans un second temps, je consultai les chefs d'équipe pour les informer de mon approche et recueillir leur point de vue. Gaston Castéla, chef d'équipe organisé, prudent, et observateur, souvent en charge du circuit hydraulique et des trains, — soucieux, en toutes circonstances, y compris en cas d'incident éventuel, de pouvoir disposer de la pression hydraulique le vendredi soir de la première semaine au plus tard (comme je l'avais prévu) — me demanda de programmer cette mise en pression le vendredi durant l'heure de midi plutôt que durant l'heure de repas du soir, afin d'avoir dans tous les cas, une marge de dépannage. J’acquiesçai immédiatement à cette demande, et lui proposai par ailleurs de faire venir deux compagnons de plus, le dimanche d'entrée et de mise en dock pour démonter les douze portes de trains et les confier rapidement au lavage, afin d'une part, de donner du travail aux chaudronniers dès le lundi de démarrage de la visite et d'autre part d'être en mesure de livrer, dès treize heures le lundi d'entrée, les trains à la division en charge de révision. Ensuite, je contactai le père Lançon, chef d'équipe des chaudronniers1, et le père Mothes en charge de la cabine, pour avoir leur aval à l'idée d'occuper une demie douzaine de chaudronniers, aux démontages en cabine, le premier jour. Gens d'expérience, de bon sens et chefs d'équipe dévoués et conscients de l'intérêt de cette modeste disposition, Henri Lançon et Pierre Mothes, personnes de qualité, me donnèrent assez rapidement leur accord.

La mise en horaire 2x8, pour les compagnons (avions et équipements) devant travailler au poste de pilotage, — mesure destinée à soulager l'occupation de cette zone de travail —, ne posant pas de problème, la planification de la mise sous tension électrique, prévue le lundi midi de seconde semaine, fut avalisée.

Après avoir étendu mes contacts à tous les chefs d'équipe, et ensuite, à Robert Percepied2, vaillant, et compétent contremaître des professionnels en charge, — en fin de visite et le plus souvent à partir de vingt-deux heures, — après traitement des surfaces, de la remise en peinture de l'avion, fort de toutes les informations et remarques reçues, je remis sur l'ouvrage.

Je revisitai alors la totalité de mon étude — planning sur papier, par équipe et par zone — en apportant les nécessaires ajustements, tout en continuant de bien prendre en compte les volumes d'heures supplémentaires, et en recherchant — pour faciliter les rotations de personnel, par équipe concernée et donc au total du chantier, — un effectif constant chaque semaine et de variation inférieure ou égale à six entre la première et la seconde semaine.

Début août, mon dossier — plannings et points clés, observations intéressant les équipes principales eu égard au délai, synthèse argumentaire et tableau récapitulatif des effectifs — fut prêt. Afin qu'il soit à la fois informé et confiant quant à l'avancement du dossier, je tins, de façon détaillée, mon chef Mirikelam au courant, lui demandant par ailleurs de ne rien dévoiler à Carriole tant que je n'aurais pas terminé, avec Gilbert Cabot, l'étude des caisses d'opérations.

Gilbert Cabot, tout syndiqué CGT qu'il était, avait de son côté réalisé un important et remarquable travail de bénédictin... en établissant, par circuit pour les équipes « avion », et par spécialité (électricien, instruments de bord et radio) pour l'équipe « équipements » la liste de toutes les pièces et les quantités déjà consommées. Après quelques arbitrages effectués en commun, je lui demandai de contacter et d'interroger, parts catalog en mains, un nommé Gaston Roussel, faisant fonction de chef d'équipe « avion », lequel, idem les compagnons de son équipe, connaissait dans le détail les commandes de vol des trois axes, de façon à découvrir d'autres besoins fortement pressentis en future consommation. Je lui suggérai également de faire un tour au magasin de l'organisme de petit entretien pour être mis au courant de telle éventuelle nouvelle consommation importante. Enfin s'agissant des pièces jugées les plus coûteuses, je lui suggérai, pour une douzaine d'entre elles, d'en demander le prix au magasin. Suite à ces dernières et utiles investigations, ce vieux Gilbert et moi finalisèrent la définition de quarante-huit caisses « matières. ».

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