AU DELÀ DES BOUCHURES
Le vendredi 11 août, en présence de Mirikelam, j'informai Pierre Carriole de l'état du dossier, et de mes conclusions positives, mais lui demandai une semaine supplémentaire, de façon à prendre un peu de recul, pour vérifier que rien n'avait été oublié. Je lui proposai de lui présenter officiellement toutes les dispositions à prendre pour réussir le programme — visites de grand entretien des B707 avec immobilisation de 9,5 jours dock — dès le 21 août.
Carriole me demanda de préparer, pour le jeudi 24 août, un exposé complet pour une réunion associant l'adjoint production Georges Valette, le contremaître Albert Dougnat, le responsable du Bureau technique, les contrôleurs principaux, et côté Préparation, le chef Mirikelam, le responsable de l'échelon central Yvon Lebel ainsi que Duménil, le chef des approvisionnements et du magasin.
La réunion présidée par le chef d'organisme se déroula dans un bon climat et l'exposé, — le plus complet possible, au cours duquel j'avais tenté de répondre par avance à tous les aspects du chantier (dispositions particulières intéressant l'entrée en visite, points clés du chantier, horaires de travail, effectifs, caisses d'opérations... considérations sur les tâches, associées dans le terme, des services techniques et de l'échelon central de la Préparation intéressant la rédaction des bons d'opérations, inspections à réaliser plus rapidement pour les contrôleurs, accents mis sur la nécessité de bien gérer les caisses d'opérations) que je savais importants, — reçu un accueil assez favorable.
Premier intéressé, Albert Dougnat considéra l'étude comme sérieuse, mais habilla immédiatement sa déclaration d'un prudent justaucorps :
« Tout semble avoir été pris en compte, il reste à valider tout cela par l'expérience... On va parler du planning avec les chefs d'équipe et les informer des différentes dispositions envisagées... »
Les contrôleurs principaux firent valoir, l'augmentation des charges de travail des contrôleurs et le besoin supplémentaire pour la couverture horaire. Appréciation faite, le besoin d'effectif fut limité à deux agents.
Sous plusieurs aspects, la discussion fut plus vive concernant les caisses d'opérations. Dans son rôle de gestionnaire, Charles Duménil (et peut-être Carriole lui-même ...) était, à juste titre, préoccupé à l'idée de savoir une partie du stock de matériels spécifiques laissée à la portée de tout un chacun dans des caisses disponibles sur chaîne. Dougnat suggéra de les positionner à côté des préparateurs et sous leur contrôle. Je m'opposai vigoureusement à cette idée à la fois parce que je jugeai que ces caisses devaient être positionnées au plus près du besoin, c'est-à-dire utilisables sur docks, et donc confiées aux compagnons, et que je pensai normal que les chefs d'équipe soient engagés dans la surveillance d'utilisation de ce nouveau moyen et dans le contrôle des consommations les plus onéreuses. Cette suggestion reçut l'appui de Mirikelam et de Duménil. J'allai alors jusqu'à suggérer que ces caisses soient traitées (remises via jetons de compagnons) comme les outillages spécifiques. Dougnat, approuvé en finale par Carriole, refusa ce qu'il appela une complication.
Un compromis « à la française » fut dégagé : les caisses seraient entreposées près du poste des préparateurs en début de visite, enlevées au fur et à mesure par les compagnons et retournées aux préparateurs en fin de visite. Les mouvements aller et retour entre le magasin et les préparateurs seront effectués par l'ouvrier spécialisé attaché aux préparateurs. Le contrôle et le débit des consommations et la remise à niveau des contenus seront de la responsabilité du magasin. L'opération « caisses d'opérations matières » (dimensionnement, fabrication et compartimentage des contenants, approvisionnement des caisses), validée à l'unanimité, fut confiée à la responsabilité de Charles Duménil et du magasin.
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