Octobre 1961, la campagne 1961/1962 démarre dans de bonnes conditions. Le planning est prêt, et j'ai longuement discuté avec Roger Dombre sur la façon de fonctionner ultérieurement concernant les effectifs à mettre en place sur la chaîne. Nous sommes convenus que, pour les spécialités majeures du chantier (« avions », « équipements », selliers et menuisiers, je lui remettrais, pour chaque visite, avec au moins une semaine d'avance, un tableau récapitulatif complet de mes prévisions de charges main-d’œuvre et effectifs par équipe. Je me réserve à chaque fois de soumettre mes prévisions au chef de chaîne avant de les confier à Dombre et, dans mon esprit, le chef de chaîne demeure seul décisionnaire des évolutions d'effectifs ou du déclenchement d'heures supplémentaires (suite à ma suggestion ou à celle des chefs d'équipe), en cours de chantier. Le magasin, sous l'animation compétente de Duménil, a fait un excellent travail en concevant et réalisant convenablement et en temps utile les quarante-huit caisses d'opérations. L'équipe d'ordonnancement/lancement sur chaîne, avec Gilbert Cabot et Manuel Diez, comme préparateurs est de très bonne qualité. Maqhenem, appelé Maq, suiveur de pièces3, bien intégré, effectue aimablement et sans problème les tâches journalières confiées. Désormais installé avec une planche à dessin et les plannings dans une baraque de chantier à côté de mon bureau précédent, j'invite ce dernier à venir, de temps en temps, s'asseoir dans ma guitoune afin de ne pas rester inutilement debout auprès des préparateurs. Je lui offre une cigarette et essaie d'échanger quelques mots avec lui. Sa situation hématologique, sans s'améliorer vraiment, semble stable et, par décence, je n'insiste pas, d'autant que s'il est courtois, il demeure peu bavard. Bébert, détendu, semble de plus en plus me manifester sa confiance.

En janvier 1962, René Brian, (ancien apprenti de Vilgénis, de la promotion 47/50) est affecté à la préparation et, plus précisément dans mon groupe, à fin de formation pour devenir agent de chaîne sur une future seconde ligne de grand entretien B707. Cette fructueuse collaboration avec René, mon « ancien » de deux ans, et la suite originale intervenue, font l'objet d'une chronique ultérieure.

Début avril 1962, après six mois de déroulement des visites le planning des grandes visites B707 et les documents de travail sont définitivement validés. Les bons d'opérations, améliorés chaque fois que nécessaire, ont progressivement reçu, au verso, les indications les plus importantes issues des Fiches analytiques (synthèses des indications techniques en vigueur par circuit), au fur et à mesure de leur validation. Il est désormais acquis que ces deux documents intègrent, en continu, les mises à jour découlant de l'expérience. Concernant les bons d'opérations, analysant les remarques ou demandes des chefs d'équipe, les aménagements et/ou corrections ne concernent qu'un à deux pour cent des bons par visite, mais ce travail permanent, qui prend à la fois en compte les évolutions techniques, l'expérience des compagnons et relie différents services, est essentiel. Les nouvelles consommations matières qui, de la part des préparateurs, ont fait l'objet d'un suivi vont permettre de faire évoluer le contenu de certaines caisses, voire d'en faire naître de nouvelles.

René Brian a très bien démarré dans son nouveau poste ; les préparateurs, et l'ouvrier spécialisé Maquhenem (Maq), ont été excellents. Mai approche, l'objectif industriel sera certainement rempli.

Notre hiérarchie — Pierre Carriole, Georges Valette qui au fil du temps, a pris de l'assurance et Jean Mirikelam — est à la fois satisfaite et déjà préoccupée par l'esquisse de programme 1962/1963 qui envisage, une seconde chaîne B707 et deux chaînes Caravelle avec, pour chacune, un délai d'exécution de deux semaines. Au bureau technique et à l'échelon central du service Préparation, l'objectif est de rédiger dans le même esprit que pour le B707, les Fiches analytiques et, au format nouveau et par zone, les bons d'opérations destinés aux compagnons travaillant sur le SE 210, et de redéfinir un planning type, en précisant les points clés et les points d'attention ou de vigilance. Madame Soleil elle-même, eut considéré que la conjonction astrale était favorable.

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