AU DELÀ DES BOUCHURES
Au mois de juin, lors d'une conversation dans son bureau du premier étage, Mirikelam, m'informe de l'existence d'un Centre Interentreprises de Formation (CIF) et, sans me faire part de trop de détails, m'interroge sur mes possibilités et sur mon éventuel souhait de reprendre des études pour, après sélection, suivre éventuellement le cycle d'études de deux ans dispensé par ce centre. Je le remercie de cette proposition et lui demande de me laisser quelques jours pour m'informer et réfléchir à cette proposition.
C'est la première fois que j'entends parler de cette voie de promotion au sujet de laquelle aucune publicité ou information n'a été faite publiquement, en tous cas dans l'organisme de grand entretien.
J'apprends que le CIF dispense plusieurs types de formations, parmi lesquelles celle d'ingénieur de production, dont huit techniciens d'Air France, à raison de deux chaque année, ont déjà profité. J'apprends également qu'un des deux agents prévus pour le cycle avril 1964/mars 1966, en provenance d'Alger, fait depuis quelques mois, partie des agents mutés à l'Échelon central de la Préparation, ce qui à mes yeux explique, au moins en partie, l'initiative de Mirik. Les trois conditions normalement « exigées » pour être présenté à cette formation sont de posséder un très bon dossier professionnel, d'avoir une formation générale de niveau bac technique, et point paraît-il important, d'avoir exercé un commandement de premier niveau. Enquête faite, un seul parmi ceux qui ont suivi le cycle de formation à exercer un commandement, le plus grand nombre des sélectionnés étaient en poste à Vilgénis ou occupaient un poste en bureau d'études. Je retiens également qu'ils ont, pour la plupart, suivis des cours du soir, dispensés par le CNAM.
La semaine suivante, je rends ma réponse à Mirikelam, et dans l'optique de convenablement me préparer à l'examen d'entrée, je décide aussitôt d'arrêter mon plan de formation.
Ainsi, d'octobre 1963 à fin mai 1964, deux soirs par semaine, entre 20h 30 et 22h 30, je suivrai, dans une salle de classe du lycée Arago (75013 Paris) — lycée où j'avais passé, treize ans plus tôt, le concours national d'entrée au Centre d'Instruction de Vilgénis — l'enseignement (exercices niveau Maths élémentaires) proposé par la ville de Paris. L'objectif est d'être véritablement et en totalité de programme excellent au niveau « mathématiques élémentaires » dès juin 1964, et de préparer Maths générales et Physique générale via le CNAM, dès octobre 1964. Par Clément, un préparateur qui prépare son concours Officier Mécanicien Navigant, j'ai appris que les cours sont prévus, deux fois par semaine, de 18 à 19 heures, dans un amphithéâtre de l'ENSAM, Boulevard de l'Hôpital, également situé dans le treizième arrondissement de Paris et, rapidement accessible d'Orly, par la Porte d'Italie.
J'ai par ailleurs retenu, que durant l'année calendaire précédant mon entrée au CESI (nouvelle appellation du CIF qui devient le Centre d'Études supérieures Industrielles), j'aurai à suivre, chaque samedi matin, à Boulogne (92) ou se trouve situé le centre, de huit à treize heures, des séances de maths, Physique et Français, complétées, pour chacune des trois matières, d'exercices et sujets à traiter en semaine à domicile et à remettre chaque samedi suivant.
En fait, suite aux conversations avec Mirik, avec, soudain revenu en mémoire, le souvenir précieux du bureau de défunt monsieur François, ce que j'ai dorénavant en tête, c'est de reprendre avec application et continuité les études pour procéder à une sorte d'évaluation de mes capacités réelles, et avec comme objectif, non seulement de convaincre ma hiérarchie, mais d'égaler en résultats les meilleurs de mes prédécesseurs dans cette voie.
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