CENTRE D'ÉTUDES SUPÉRIEURES INDUSTRIELLES (2/2)
Rue Heyrault (92100) Boulogne. (Avril 1966/mars 1968)

Déjà un an ! Finalement, avec les importantes charges de travail (auxquelles j'étais habitué depuis déjà quelques années …), la première année d'études s'est rapidement et favorablement écoulée.

Dès fin mars, tout en continuant cours magistraux, études de cas, exposés et débats sur les sujets d'actualité, chacun démarre, une période plus industrielle comportant un plan de formation très personnalisé, résultant d'options choisies individuellement, et le démarrage du mémoire d'études. Les deux domaines figurent, en nombre d'heures allouées, au programme hebdomadaire.

En sus de quelques domaines d'évolution techniques aéronautiques (Le supersonique Concorde, les nouveaux matériaux employés en aéronautique et les techniques nouvelles de suivi des moteurs et équipements avions), sur mon « camembert » personnel, je fais figurer tout ce qui intéresse la gestion d'une unité de production (personnel, organisation et investissements en équipements), en approfondissant la pratique des différentes approches économiques intéressant un projet (taux de rentabilité interne, montant d'investissement autorisé, … analyse de la valeur 1).

Par ailleurs, dès juillet, et pour une durée de deux mois, doit démarrer un stage « de responsabilité en entreprise », lequel peut être choisi parmi les offres des entreprises collaborant déjà avec le CÉSI ou résulter d'une recherche et d'une proposition (à faire avaliser par le CÉSI) possible pour chacun d'entre nous.

S'agissant de mon stage en entreprise, je décide de le faire si possible, dans le privé et, à cet effet, je mobilise, pour une ambassade, mon ami Daniel Fantinet, mon ancien de trois ans. Ancien élève du cours complémentaire du Châtelet-en-Berry, après de très bonnes études à Paris, Daniel est devenu géologue. L'un de ses cousins, également berrichon, originaire du même village que nous, dirige plusieurs entreprise dont le siège social, les services commerciaux et un atelier de mécanique sont installés à Paris, tandis que deux autres unités de production sont implantées à Châteauroux. Une activité de mégisserie est également basée dans l'Indre, à Levroux 2.

Ainsi que je suis aimablement reçu un soir, à son domicile, par Monsieur René Préault, PDG des établissements Préault et de la Protection industrielle, et monsieur dont je sais déjà qu'il possède une forte personnalité.

Monsieur Préault, qui, — en compagnie de son aimable et discrète épouse, m'accueille dans sa grande et belle villa des bords de Seine —, est habillé d'un trois pièces de couleur noire à fines rayures d'un joli gris-bleu, cravate classique en soie, et souliers d'un bottier anglais, porte avec belle et vigoureuse allure un début de soixantaine. Offrant un large front dégarni, un nez assez puissant avec cependant d'harmonieuses narines, puis une mâchoire carrée, le visage s'anime de deux grands yeux bruns foncés dont le puissant regard associe et reflète à la fois vivacité d'esprit, expérience de la vie, détermination et ironie en puissance. Par ailleurs, l'homme libère sa curiosité en affectant avec talent une feinte bonhomie qui semble couronner un personnage hors du commun. Je pense soudain à Balzac.

Courtoisement, avec un soupçon d'accent berrichon et laissant filtrer une certaine malice, Monsieur Préault, par un jeu de questions plus ou moins diagonales, s'enquiert de mon parcours industriel, et du but de mon stage. Marquant ses conclusions par un seul court silence, il me présente ensuite les activités des différentes unités industrielles, répond, à son tour à mes quelques questions, puis me donne son accord pour ce stage. Il m'indique enfin que mon responsable de stage sera son frère Jean Préault, directeur commercial des établissements Préault.

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