Ma dernière semaine de stage chez les frères Préault, est consacrée à faire le point concernant les trois activités, actuellement toutes rentables, de l'entreprise.

Concernant l'activité de la Protection Industrielle Moderne (PIM), s'agissant des gants de protection, le déplacement à Hong Kong de René Préault, confirme les possibilités d'amélioration de la qualité et, partant, l'intérêt présent d'en rester à la formule actuelle d'importation. L'usine de Levroux, dont les fabrications (gants et protections en cuir) sont de très bonne qualité, est maintenue en l'état, malgré la moindre rentabilité de ses produits. Simultanément, il conviendra d'observer les progrès réalisés à Châteauroux, sur le plan qualité, suite à l'embauche du chef d'atelier.

Pour les autres matériels de protections, dont la PIM est revendeur, l'objectif général demeure le développement des ventes. Ce constat relance l'idée d'embaucher un chef des ventes, et l'espoir principal, en l'état des candidatures, réside dans l'idée de faire une offre intéressante susceptible d'intéresser quelqu'un déjà en poste...

Concernant les Établissements Préault, l'activité, majeure et très rentable, de fournitures de pièces mécaniques et de chaudronnerie, destinées aux pétroliers, totalement démarchée, instruite, conduite et contrôlée par un Jean Préault dynamique et infatigable, — compte-tenu des améliorations réalisées au plan de l'approvisionnement et du magasinage —, peut momentanément demeurer en l'état. Mais se posera tôt ou tard la nécessité de former un assistant de qualité.

S'agissant de la vente de la visserie, — dont le plus grand volume est fabriquée en Savoie (soit par des particuliers à double profession, soit par de petites unités industrielles) —, compte tenu de la disparité des volumes de vente, (répartis en près d'un millier de clients), et malgré les confortables coefficients appliqués, la rentabilité s'avère moyenne. Pour environ trente pour cent des commandes dont le montant égal ou inférieur à trois cents francs, le prix de vente couvre à peine insuffisamment le temps passé au téléphone, au magasin et à l'expédition, les relances de fabrications et le suivi qui en découle. Pour les commandes de montant inférieure à mille francs, un coefficient plus élevé par rapport au prix d'achat sera dorénavant appliqué.

C'est ensuite avec l'accord de Jean Préault, que je m'entretiens directement avec son frère le PDG, le vieux lion qui, avec flair, talent, énergie et solitude a construit et conduit l'ensemble de l'affaire. Au fur et à mesure notre relation est devenue cordiale et j'ai compris que moyennant respect, correction dans les termes et touches d'humour, je pouvais m'exprimer librement et être écouté voire entendu.

Alors, après quelques mots aimables pour le remercier de m'avoir accepté en stage, je lui demande la permission d'émettre un point de vue sur la situation que je viens de vivre, au long du trimestre écoulé. Après avoir reçu son accord, je commence par mettre l'accent sur l'exceptionnelle réussite personnelle que constitue l'ensemble des activités qu'il dirige. Puis, je mets en valeur le travail et le réel dévouement de ses proches collaborateurs, en particulier s'agissant de son frère, lequel, en plus de quarante-cinq heures de travail hebdomadaires, consacre deux soirées par semaine à ses clients. J'insiste à nouveau sur la nécessité d'épauler le directeur de Châteauroux et fonction du résultat de la publicité en cours, d'embaucher un second technico-commercial. Ensuite, envisageant à la fois son âge (il démarre la soixantaine) et l'évolution de l'entreprise, j'en viens au point délicat et lui suggère à la fois pour le seconder et … « préserver l'avenir », d'embaucher un directeur général expérimenté et, à cette occasion, de faire procéder à un audit de l'entreprise par un cabinet spécialisé.

Le vieux lion m'a laissé parler, puis a libéré partiellement ses souvenirs. Débuts difficiles, patients efforts, réseau constitué peu à peu, informations, affaires, rachats d'entreprises, « coups divers », et développement progressif d'activités avec, simultanément, constitution d'un important patrimoine immobilier dont l'achat d'un manoir dans l'Indre, où il se repose chaque année. Il ne m'a pas tout confié, mais son récit entrecoupé, accompagné de quelques sourires,

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