Superbe, récente et coûteuse revue, qui titre sur l'avenir de l'informatique Je feuillette et conclus qu'il y a de quoi rédiger un bon sommaire. J'achète.

Encore une soirée de fichue. Méthode habituelle. À une heure du matin, sommaire, notes, traductions des nombreux termes américains, tout est prêt. Sauf que je suis loin de posséder le sujet, donc il me faut apprendre certaines phrases par cœur et préparer des réponses.

Le lendemain matin devant un groupe, — qui donne l'impression de s'intéresser à un exposé conduit avec une conviction égale à mon ignorance, mais que je soupçonne d'être en mesure de porter une rapide et savante contradiction —, je pousse le jeu jusqu'à donner un ton paisible et assuré à mon propos, à le nuancer d'observations, toutes déclinées dans une langue de bois digne d'un second couteau de parti politique. Puis, respectueusement pour les auteurs, avec le ton compassé de quelqu'un qui ne fréquente qu'un certain niveau, je cite mes précieuses sources. Enfin, je présente mes excuses pour la modestie de mes connaissances.

Rossignol me félicite pour la clarté de mon exposé. Les deux énarques qui ont assisté au grand oral d'un défavorisé, m'observent en souriant. Mon numéro d'équilibriste est terminé. C'est le cas de le dire : the whole word is a stage. Je rejoins ma place et pense à ma regrettée grand-mère Hélène.

Pour chacun des membres du groupe, le dernier jour du stage est l'occasion d'une agréable surprise.

En sus de la quinzaine écoulée, — principalement destinée à connaître les différentes missions et activités des différentes directions de la Compagnie, et à favoriser les liens futurs entre les cadres, (ultérieurement supérieurs), qui ont vocation à tenir des postes dans ces directions — la formation des participants est étendue à une expérience, d'une semaine, dans l'une des nombreuses escales du réseau Air France. Proposition alléchante, certes par le dépaysement (déjà apprécié avec nos déplacements en Écosse et aux Pays-Bas, mais surtout par la diversité des tâches et parfois la singularité des situations rencontrées et traitées par les chefs d'escale et leurs agents.

Claude Rossignol précise que Thiot et moi, également concernés, seront prévenus, en temps utile, directement par lui, par un coup de téléphone. Ce court stage aura lieu, pour les uns dès cet automne et pour les autres à partir du printemps prochain.

Cinq mois passent sans que notre hiérarchie ou nous, ne reçoive une quelconque information sur le sujet. Bien sûr, nous savions qu'un certain nombre des participants au stage jeunes cadres avaient effectué le déplacement en escale, mais nous comprenions d'être servis les derniers et n'avions pas de véritable inquiétude. Par ailleurs nous étions, l'un et l'autre déjà bien engagés dans notre travail.

Durant mars, le chant de Rossignol, décidément homme de parole, nous parvint à nouveau, précis et agréable, via un appel téléphonique à chacun :

« Prenez vos dispositions dans votre travail et tenez-vous prêt, votre stage va avoir lieu courant avril … »

Satisfaits de cette agréable information, quelque peu émoustillé à l'idée de découvrir le travail en escale et de faire connaissance avec la direction du Transport, un peu surpris mais sans plus de constater que tout cela se passe par téléphone, eu égard à la proximité du stage, par courtoisie, nous informons notre hiérarchie.

Que s'est-il ensuite passé. Le plus probable, c'est qu'au niveau état-major, le fait d'offrir ce stage à deux ingénieurs CÉSI, destinés à servir la direction du matériel, de leur faire goûter un changement d'herbage éventuellement susceptible de leur donner des idées intéressant leurs carrières, ait été, plutôt mal reçu. Cette situation ne faisait qu'anticiper ce que je constaterai ultérieurement avec un poste offert à la direction des Installations fixes.

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