AU DELÀ DES BOUCHURES
Avec le même objectif d'utilisation que la cellule nord du hangar N7 (GV B 747), le hangar N8 d'Orly, fait l'objet d'une structure à portiques de mêmes dimensions que les cellules du N7, mais est conçu plus économique sur le plan de l'équipement industriel et du revêtement de sol.3
Les très coûteuses trappes en sol, permettant à la fois le démontage, l'évacuation par une galerie et le remontage des trois trains d'atterrissage, sans que soit nécessaire la mise sur vérins de l'avion, dépense injustifiable sur le plan économique, ne sont pas reproduites. Le circuit pneumatique de transport des documents et/ou des pièces, qui au niveau du N7, avait fait l'objet de trop d'utilisations douteuses, n'est pas reconduit.
Concernant l'étude d'implantation des activités des ateliers généraux je bénéficie du concours expérimenté du contremaître Robert Percepied, dont l'expérience se révèle très précieuse, principalement, s'agissant de la plasturgie. Le plan d'implantation des activités en annexe du hangar N8, reçoit rapidement l'aval de la division concernée
La prise en compte, à l'horizon 1980, des travaux intéressant la révision des éléments révisables du B 747 (volets d'intrados, gouvernes d'ailerons, de direction, de profondeur, spoilers, entrées d'air des réacteurs....), du B 747, l'établissement des charges de travail et des besoins en surfaces concernant l'activité de chaudronnerie, s'avère plus délicat.
La Division des Ateliers Généraux a, par note succincte, exprimée ses besoins auprès du chef de département. La note, rédigée par Bernard Michoux (première promotion ingénieur CÉSI), signée par le Chef de division Jean Treins (futur sous-directeur du matériel, puis directeur du personnel et enfin, directeur général-adjoint affaires techniques), véritable devis de plombier, concluant que les charges de travail et les surfaces existantes pour le B 707, doivent être multipliées par trois, fait bondir Locar et Loviny, qui après concertation, déboulent ensemble devant mon bureau.
Je suis immédiatement chargé de définir les coefficients d'extrapolation de ces charges et surfaces.
Après quelques jours de réflexion et contacts avec des copains chaudronniers, je retiens que les charges de travail (tôle, rivets, ferrures) sont en principal, relié au poids de la matière donc au poids des éléments. Quant aux surfaces nécessaires (manutention et travail en atelier), elles dépendent, sauf cas particulier (outillages de maintien par exemple), de la seule évolution dimensionnelle des éléments. J'effectue donc une comparaison très détaillée entre B 747 et B 707 concernant les poids, dimensions, et surfaces de tous les éléments passant en chaudronnerie.
Ce long et patient travail de bénédictin débouche alors sur un coefficient d'évolution de 1,38 pour les charges de travail et sur un coefficient de 1,53 pour les surfaces de travail. Pour tenir compte des impondérables et des possibles marges d'erreur, j'établis mes propositions à 1,5 pour les charges de travail et à 1,6 pour les besoins en surfaces. Avec l'accord de ma hiérarchie, mais un peu inquiet de l'accueil divisionnaire, je rédige alors une note de travail en conséquence.
Une semaine plus tard, Jean Treins venu parler avec Maurice Locar, fait un détour par mon bureau et me fait part de ses félicitations pour ma note.
Quant à Bernard Michoux, que je connaissais à peine, qui se voulait un peu trop chef de meute des CÉSI et qui, dès mon arrivée dans le service méthodes, s'était autorisé à venir faire régulièrement et à haute voix (jalousie ?), à mon égard, des commentaires aussi inattendus que provocants (Ce n'est pas parce que on est bon en maths ou qu'on a brillé à la soutenance de son mémoire... qu'on fait forcément un bon ingénieur..), je ne suis pas mécontent de lui avoir rivé son clou.
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