« Monsieur Oziol bonjour … »

« Salut, … comment ça va ? »

Il est sept heures quarante-cinq ce lundi quand je salue mon nouveau chef de département, personne que je connais peu, sinon par ouï-dire. L'homme, âgé de quarante-neuf ans, de petite taille, en chemise, à l'apparence bon enfant, au verbe haut, avec un ton un peu gouailleur qui se veut enjoué, termine de cacheter son courrier personnel, et se lève. D'un pas décidé, il me conduit dans la pièce voisine et m'invite à prendre possession d'un bureau métallique, installé en équerre, par rapport à celui de l'adjoint chargé de la production, et équipé d'un téléphone sans ligne extérieure.

Quelques mots de sa part pour me préciser mon rôle immédiat :

« Bon, je vous ai mis dans le bureau de Fleury, mon adjoint chargé de la production. Il n'est pas là ce matin, il a une réunion à Maine... Je sais que vous vous occupez des derniers aménagements de Roissy, du transfert des matériels d'Orly vers Roissy et du suivi des investissements. On se verra avec Loviny pour que je sois au courant... Ceci étant, j'aurais également besoin de vous pour me rédiger toutes les notes intéressant l'organisation des services du nouveau département … D'ailleurs, je vais organiser une réunion pour tout cela. »

Au fur et mesure, j'observe le visage en trapèze inverse de mon interlocuteur : front large et haut, prédominent, surmonté d'un fin cheveu clairsemé mais encore brun, deux pupilles brunes foncées accommodant par légers déplacements horizontaux, animent le regard à la fois avenant, calculateur et sur la défensive de quelqu'un apparaissant tout à la fois rustique, méfiant, et comme impatient de faire montre de son autorité. Son personnage me fait soudain penser aux frères Dalton.... !

Dominique Noat, — précédemment adjoint chargé de la production de la division des long-courriers (B 707, B 727, B 747), nommé chef de département adjoint et futur chef de département du petit entretien avions de Roissy — , grande taille et larges épaules, transporté par une paire de chaussures marron d'une imposante pointure, arrive à son tour dans le bureau.

Cheveu châtain clair, légèrement bouclé, et tempes déjà grises coiffant une tête légèrement arrondie éclairée par le regard attentif et sérieux de deux yeux gris-bleutés, légèrement globuleux, soulignés de cernes accentués, le corse — à la fois sobre, observateur, et préoccupé, celui avec qui j'ai fait « la courte campagne de Tripolitaine …! » —, avant de monter à l'étage, est de toute évidence déjà passé à la régulation avions du département, prendre connaissance de toute la situation et des événements survenus durant la nuit, concernant les flottes en exploitation. Concernant les flottes Boeing, qu'il a précédemment eu en charge, sa large expérience lui permet d'apprécier avec pertinence toutes les situations, et de porter des avis judicieux et, partant, le conduit à mesurer son estime envers ce chef par les circonstances imposé.

Après un échange rapide d'une sobre poignée de mains avec chacun d'entre nous, il prend avec lui une chemise du tiroir de son bureau et part rejoindre Decroix, désormais en charge du B 747, au hangar N7. Commencée depuis le début de l'année, procédant d'échanges journaliers avec les mécaniciens des différents types de machines effectués par les deux responsables, la désignation du personnel d'exécution qui sera affecté à Roissy, progresse ainsi chaque jour.

Cette action, doublée d'un contact, au moins hebdomadaire, avec Claude David — actuel Adjoint à la direction du matériel, de la fonction « Relations du travail » et futur successeur de Jean Treins au poste de sous-directeur chargé de la production — concernant également le personnel « mensuel » et l'organigramme, vise à désigner l'ensemble des effectifs destinés à être mutés au département petit entretien avions du futur Centre industriel de Roissy.

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