À quatorze heures, je me présente au bureau de Claude David, adjoint relations du travail de la direction du Matériel, lequel m'a convoqué pour parler de Roissy. Rendez-vous au bâtiment de commandement au premier étage.

Toujours énigmatique, la pipe serrée par la main gauche, David me reçoit avec le sérieux qui convient à sa charge. Son bureau est couvert par un grand organigramme :

« Alors, vous êtes content d'aller à Roissy ? »

Avant que j'ai eu le temps de répondre à la question, la porte de son local s'ouvre. Jean Treins entre, serre la main de Claude David, puis la mienne. Me fixant alors, pour mieux mesurer l'effet de sa déclaration qui se veut péremptoire et sans appel, avant de ressortir, il lâche à David :

« Il faut donner à Manigault un poste qui corresponde à ses capacités … »

Le père la pipe demeure imperturbable, tandis que je m'efforce de décoder ce message totalement gratuit ou subliminal. L'air entendu, David reprend aussitôt la main :

« Bon, on reprend... , j'espère que le poste qui vous est confié vous convient »

Je suis déjà en train de tenter de lire l'organigramme à l'envers :

« La responsabilité de l'ensemble des services de production du département, telle que fixée par monsieur Luce dans sa note d'organisation, ne me pose aucun problème... et la prise d'un poste d'ingénieur principal me convient... ».

La discussion s'ouvre alors sur la base de l'organigramme sur lequel apparaissent les noms des responsables désignés pour chacun des postes de chef de service :

À ce stade, je n'ai qu'une seule remarque à faire. Elle concerne le la définition et le niveau de poste de la fonction approvisionnement et magasin. À Roissy, l'organisation, au départ a été conçue de façon à ce que le département avions soit gestionnaire des matériels spécifiques de la flotte B 747, dépositaire des matériels spécifiques pour les autres flottes Boeing, s'approvisionne en matériels révisables auprès des différents gestionnaires Atlas et correspondant de l'entretien en piste, pour l'approvisionnement en tous matériels révisables tous types d'avions. Je marque donc mon très vif étonnement que ces missions et les responsabilités liées, soient confiées à un seul agent de maîtrise.

La moue, que j'observe à travers les volutes de la bouffarde de monsieur David, et le commentaire évasif qui suit, me laissent entendre que ces questions d'intendance sont quelque peu prématurées et que les décisions, concernant un niveau de poste, ne sont pas encore de ma compétence.

D'ailleurs, David, gestionnaire attentif du parc d'ingénieurs CÉSI, prend rapidement bien soin de me signifier la fin de ce court entretien en formulant une conclusion générale du meilleur goût :

« Bon, eh bien maintenant que tout est clair, sachez que l'on compte sur vous pour faire vos preuves dans ce poste... »

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