AU DELÀ DES BOUCHURES
Ma notification d'un avancement au premier janvier mil neuf cent soixante dix-huit m'est remis, deux ans et demi après ma promotion de juillet mil neuf cent soixante quinze, sauf qu'avec une année de prime sans échelle et les promotions étant, depuis mil neuf cent soixante-seize, prononcées au premier janvier (avancée de six mois dont je n'ai pas bénéficié), je bénéficie d'un avancement exceptionnel... donné au pas normal. Et j'avoue que je suis de moins en moins sensibles à des félicitations, écrites ou verbales, émanant de personnages qui n'ont jamais été retardés en promotion par une Prime de Majoration Exceptionnelle, et qui avancent au pas de deux ans en catégorie VI...
Et malgré les lettres semestrielles de félicitations du chef de centre Édouard Bezançon, je dois avouer que commence sérieusement à m'interroger sur une réalité que je perçois de plus en plus.
« Ah ! J'ai quelque chose pour vous... quelque chose qui devrait vous intéresser... »
Et, dans mon bureau, de Féraudy, de m'expliquer qu'il appartient à un groupe de travail IATA, animé par le directeur technique de la compagnie australienne Qantas Airways (Quensland And Northern Territories Aerial services), nommé Cyril Ansley, quelqu'un qu'il connaît bien, et que ce groupe est chargé, de rédiger le chapitre d'un volume intéressant les outillages spécifiques nécessaires à l'entretien des avions.
« Je sais que c'est un domaine que vous connaissez bien, c'est pourquoi je vous propose de me remplacer dans ce groupe et de participer à ce travail... La première réunion du groupe aura lieu, durant deux jours, à Sydney... »
Le déplacement à Sydney, fatigant avec le décalage horaire, fût l'occasion de ma rencontre avec Cyril Ansley et les représentants des autres compagnies d'aviation. Séjour dans un modeste hôtel et prise à l'hôtel par un technicien de Qantas.
Première journée, présentations, échange de cartes de visites entre « managers », repas pris à la cantine de Qantas. Trois heures passées, l'après-midi, à évoquer les contours de l'étude.
Seconde journée, visite rapide de la base industrielle de Qantas. L'occasion de me rapprocher de sir Ansley et de lui dire, en aparté, les amitiés de mon chef, de Féraudy et l'espoir, qu'entretient Air France, de réviser les B 747 de la compagnie australienne... Dernière séance l'après-midi et repas d'adieu qui débute à 23.30 heures … à la résidence privée de Cyril Ansley.
Vol de retour de durée et qualité exceptionnelles. B 747 « omnibus » de Qantas, qui observe cinq escales : (Melbourne, Jakarta, Bangkok, Téhéran, Belgrade) avant d'atteindre Paris.
Seul passagers première classe pendant trente heures, je suis choyé par un chef de cabine attentif, et plein d'humour, me faisant, au fil du parcours goûter tous les plats et les vins disponibles à bord. Cet homme cultivé m'en apprendra plus sur l'Australie, que les deux jours passés à Sydney.
À mon retour, je rends compte de ma mission à de Féraudy, puis je parle du sujet, au téléphone avec Thiriet. La semaine suivante, le père Thiriet, en visite à Roissy, m'invite à déjeuner au restaurant et, me convainc, avec ses termes, d'aller au delà, du maigre sujet proposé au titre de cette mission :
« Les hangars, les installations fixes, les matériels au sol, les outillages spécifiques, tout cela vous vous connaissez par cœur, vous avez à votre disposition les études du département Méthodes et moyens de production, vous savez rédiger, je suis prêt à vous aider, alors écrivez un bouquin3... »
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