Seconde quinzaine de mars. Sans nouvelles de la fiche d'Orientation et Carrière remplie au premier degré par Noat, et par ailleurs curieux de connaître l'avis d'un chef qui semble avoir le bras long, je propose à de Féraudy de bien vouloir porter un avis me concernant. Il accepte d'emblée.

La semaine suivante, les appréciations au premier degré sont mentionnées. Côté positif, notations favorables, pour l'une d'entre elles curieusement rédigée (redoutable efficacité... ), point à améliorer « bon élève, mauvais camarade ».Très offusqué par cette mention inattendue, je demande à de Féraudy, de bien vouloir me fournir quelques explications. J'ai droit à un regard pensif, à un silence pesant, puis à une déclaration sibylline : « Vous avez des ennemis... »

À mon tour je deviens silencieux, puis interroge à nouveau mon chef, sans obtenir de réponse. Ayant également bien vu qu'il n'a pas coché, la case intéressant mes perspectives de promotion en catégorie supérieure, — savoir dans les cinq ans ou à plus long terme — je le lui fais observer. Il me rétorque qu'il s'interroge encore, et que pour l'instant, il envisage de placer la croix à cheval... Je l'interroge à nouveau mais n'obtiens aucune réponse claire. Je décide de prendre acte et d'abandonner la partie.

C'est courant avril, lors d'un de ses passages à Roissy, que Kientz, fidèle à son habitude (tout au moins envers moi), me demande de le rejoindre au bâtiment de commandement du centre puis de bien vouloir l'accompagner, à sa voiture, au parking.

« J'ai pensé à vous pour Toulouse. Plus ça va, plus il y a de problèmes de nature logistique. … et souvent des difficultés pour livrer les avions en révision à l'heure. Les problèmes qui sont le plus souvent soulevés, je sais que vous les maîtrisez bien, donc en vous envoyant là bas, je pense qu'ils seront rapidement traités.... »

« Quel poste me proposez-vous exactement ? … et pour combien de temps.. ? »

« Il s'agit de remplacer Prévost... et tenir le poste quatre à cinq ans »

« Prévost, mais c'est le numéro 2 du centre, son poste est en catégorie VI... Qu'est-ce que vous envisagez exactement pour moi... Je vous rappelle que, comme toujours, je veux bien avant tout faire mes preuves, mais dans le cas présent, je crois que cela vaut la catégorie VI dans un maximum de deux ans et demi... »

« … cela devrait pouvoir se faire... »

« Et pour mon épouse, qu'est-ce qu'on fait ? »

« Comme vous serez numéro 2 du centre, je ne crois pas qu'il soit souhaitable qu'elle occupe un poste à Toulouse... Il faut songer à une mise en dispo... »

« Une mise à dispo de cette durée ?, c'est quasiment une perte d'emploi... »

« Votre réponse alors.., »

« Sous réserve de ma réussite, et de la tenue de votre promesse des deux ans et demi, j'accepte... »

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