AU DELÀ DES BOUCHURES
Le dimanche 25 juin, après avoir quitté mon épouse restée en famille près de Brive, c'est au volant d'une Cx beige, au rodage à peine terminée, qu'aux environs de dix-neuf heures trente, j'atteins le petit hôtel de Ramonville-Saint-Agne où, sans m'en douter alors, je demeurerai dix-huit mois.
Au restaurant, déserté par la clientèle, un honorable serveur âgé, portant sa peine sur son visage las, smoking en tension élimé de partout, et nœud papillon envoyant des appels de détresse, m'offre pour accueil une grimace de larbin qui voudrait ranimer un décor suranné. Menu froid en harmonie.
Tristesse devient unité de lieu, de temps et d'action.
Après avoir rejoint ma chambre, je fais le bilan suivant :
1/ J'ai accepté ce poste à Toulouse pour deux raisons : la première concerne, l'intérêt au travail ; c'est un poste qui me convient et me permet par ailleurs d'échapper « au chemin habituel » des gens du CESI. La seconde c'est que ce poste doit me permettre d'accéder au classement ingénieur-en-chef en catégorie VI
Cette mutation me pose cependant un important problème quant à la perte d'emploi (et de salaire) de mon épouse. Et sur ce point, j'ai pour l'instant l'intention de ne pas obtempérer et d'accepter, au moins pour un temps, une séparation, avec aller-retour hebdomadaire sur Paris, et ce d'autant que je dois trouver une maison à louer à un prix acceptable.
2/ J'ai quitté Roissy sans obtenir, malgré plusieurs demandes, de connaître mes appréciations professionnelles au second degré. Cette situation me laisse perplexe quant au rôle de la hiérarchie et au flou qui semble régner.
3/ Les termes dont de Féraudy a fait usage lors de sa prise de fonction à Roissy, ses appréciations un peu mystérieuses me concernant, l'intérêt curieux qu'il semble porter au déroulement de ma carrière, et les liaisons téléphoniques qu'il a eu avec Prévost que je dois remplacer à Toulouse, m'inquiètent un peu. Comme mon genre n'est pas d'aller rapporter tout à l'étage supérieur, je n'en ai pas parlé à Kientz et n'ai pas l'intention de le faire. Il reste que je n'oublie pas les liens entretenus par de Féraudy avec Treins et avec Ravier.
4/ Par ailleurs j'ignore tout de la raison pour laquelle Prévost quitte son poste et la compagnie.
6/ Demain matin, je vais me présenter à Pierre Oziol, que je n'ai pas revu depuis quatre ans, revoir Prévost que j'ai rencontré une fois seulement, le jour de soutenance de la thèse de mon mémoire d'études, et faire connaissance avec le centre industriel de Toulouse.
Configuration astrale complexe et contrastée eut dit Madame Soleil...!
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