Le livret entrepris sur l'équipement industriel d'une base d'entretien d'avions commerciaux, suite à la mission IATA confiée par de Féraudy, a été terminé fin juillet. Jean Malachane, jeune dessinateur industriel, réalise le livret sur les indications de Thiriet. Fin août, j'emporte le document avec moi à Tokyo, ou le groupe de travail se réunit.

Incident au départ de Roissy : alors qu'embarqué, je constate, après fermeture de la porte passagers avant, que cinq places demeurent libres en première classe, tandis que mon épouse et un couple de « passagers compagnie » sont demeurés au comptoir d'embarquement. En ma qualité de « passager service », je dois à ma compagnie d'avoir un comportement exemplaire. Je m'abstiens donc de déranger le personnel de bord qui termine l'embarquement en classe touriste, mais cette situation m'a fortement contrarié. Compte tenu de ma mine déconfite, dès le premier palier, la chef de cabine s'inquiète de ma santé et m'interroge sur un éventuel mal de l'air. Sans reproche dans la voix, car je pense a priori à un problème de poids au décollage et de chargement, je lui explique brièvement la situation et mon désappointement, en particulier du fait que j'avais organisé pour mon épouse un voyage à Kyoto avec l'épouse japonaise de Guy le Guenn, mécanicien d'escale à Tokyo, et ancien résidant de notre immeuble de Choisy-le-Roi... Elle contacte alors de commandant de bord qui, — regrettant la situation (il n'y a pas de problème de chargement, seulement une erreur au sol, à l'embarquement) et appréciant mon comportement discret —, prend la liaison radio avec le centre de vol B 747, laisse un message à destination de son collègue chargé du vol du lendemain pour un embarquement sûr, y compris avec mobilisation des sièges services et demande à ce que, sans faute, l'on veuille bien joindre, téléphoniquement, mon épouse pour l'informer de ces dispositions.

Je remercie vivement le cocher et reprend progressivement des couleurs. Avec un jour de décalage, mon épouse et le couple ami, me rejoignent le lendemain à l'hôtel Méridien.

La réunion du groupe de travail IATA, toujours présidée par Cyril Ansley de Qantas, a lieu dans les locaux de Japan Airlines à Haneda. Chacun remet son rapport concernant les outillages spécifiques utilisés pour l'entretien des avions. Échanges de vues entre participants suivis d'une tentative de synthèse dont se charge notre aimable président de séance. Je pose alors la question de savoir pourquoi le groupe n'a pas été chargé d'une étude concernant tout l'équipement industriel des compagnies. La réponse du groupe est que cela représenterait trop de travail...

Je sors alors un exemplaire du livret désormais édité par Air France4. Certaine stupéfaction chez les participants. Félicitations souriantes de Cyril Ansley, puis moment d'inattention durant lequel, mon voisin, le représentant de Japan Airlines à qui j'ai prêté le livret pour consultation du sommaire, se lève soudain ... pour aller photocopier le document entier ! Aligatô !

À Tokyo, pas de tourisme pour moi, mais des moments agréables. Rencontre programmée avec Guy le Guenn (que je n'ai pas revu depuis dix ans) et son épouse. Rencontre inattendue, au petit matin, à la cafeteria de l'hôtel, avec Germain Corbin (CIV 47/51)5, recherche d'un modèle de train électrique suite sollicitation du ferroviphile (ou ferrovipathe...) Oziol, et accompagnement gracieux, par la police, lors de l'accès, au retour de mission, à l'aéroport de Narita6.

Impressions retenues sur la ville et ses habitants après ce court séjour. Rues, lieux publics et moyens de transport très propres. La traversée des rues via les passages piétons diagonaux est un modèle de virtuosité. Quel que soit l'importance des groupes qui traversent, aucun contact, aucune bousculade entre les nombreux individus. Sur les lieux de travail, l'employé comme l'ouvrier quitte son poste quelques minutes après l'heure. L'occupation des surfaces de bureaux est optimisée, et les mauvaises langues propagent que le niveau de bruit d'une surface occupée par dix japonais est nettement moins élevé que celui d'une même surface occupée par quatre français !

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