Septembre 1978. Prévost est parti en retraite, c'est du moins ce que l'on m'a dit. Bien que je n'aie toujours pas reçu ma note de nomination, je prends possession du poste et du bureau, tandis que Bacconnier succède à Armaing au poste de chef de la subdivision ateliers. Thuillier, chef de la subdivision avions est en place jusqu'à la fin de la campagne de grand entretien avions. Parouffe est en attente de mutation en région parisienne.

Lors d'une première réunion, je porte à la connaissance des intéressés la façon dont nous allons fonctionner :
- Une réunion production aura lieu chaque mercredi après-midi et réunira, dans mon bureau, outre les responsables d'unités, les chefs des services préparation (avions, ateliers, fabrications), le responsable du service gestion et telle(s) personne(s) spécifiquement concernée par un point de l'ordre du jour de la réunion. En cas de nécessité, la réunion sera reportée au jeudi matin.
- l'ordre du jour, établi par mes soins, sera diffusé, au plus tard, chaque vendredi précédent.

Je prends par ailleurs connaissance de l'absentéisme actuel du centre (5,3 %) et aborde avec les chefs de subdivision le suivi des effectifs et les locations de personnel. Je me fais expliquer, de façon détaillée, l'intervention structurale, qui semble être la source de difficultés, sur le longeron arrière du plan fixe horizontal des B 727.

Par ailleurs, j'établis le mode de fonctionnement entre les chefs des services qui me sont directement rattachés et moi : facilité de contact, liberté d'opinion, mais nécessité d'argumenter sérieusement les opinions et choix. Enfin, j'informe tous les intéressés que j'animerai jusqu'à nouvel ordre la réunion précédent l'entrée des avions en visite. Je tiens Oziol au courant de toutes ces dispositions.

Concernant l'absentéisme, il n'est bien sûr pas question, sauf exception à motif patent, de s'en prendre aux arrêts « maladie », (ce serait illégal et, de ma part qui ait été en longue maladie, indécent), mais de surveiller les absences pour convenances personnelles, couvertes par de très courts arrêts maladie qui fleurissent annuellement aux mêmes périodes et qui concernent aussi bien les champignons, les vendanges, les palombes, voire les réunions politiques, et les absences d'un jour par mois, tolérance dorénavant officiellement ouverte, par décision de la direction du personnel.

Sujet complexe, dont le premier exemple à traiter concernera un agent du magasin, bénéficiaire d'un jour d'absence pour raison de santé.

L'individu en question, membre sympathique du radicalisme cassoulet local, ayant téléphoné à son chef, son mal être matinal, va ensuite assister au congrès de son parti. Emporté par un enthousiasme républicain bien compréhensible, souriant, il se fait prendre en photo en compagnie de son célèbre président, Jean-Michel Baylet. Et voilà que le lendemain, la Dépêche du midi, certes déposée par une main provocatrice, se retrouve sur mon bureau, avec en première page, photo grand format du président et de l'honorable et souriant militant.

Je décide de traiter le problème sur le mode badin et humoristique. Je convoque le père Salut, chef du magasin et l'intéressé, lequel encore sous l'émotion entraînée par le lyrisme des orateurs et certainement fatigué par agapes de la veille, semble ne pas être au courant de la trahison du sort.

« Cher monsieur, vous faites de la politique, ce qui d'un point de vue citoyen est à la fois

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