permis et louable, dans un parti qui plus est, maintient à même hauteur l'esprit républicain et le traditionnel coup de fourchette. Au total, à mes yeux, rien de plus sympathique... Sauf qu'il y a une contradiction entre ce bel engagement et le bénéfice d'une journée de maladie dont témoignage inverse est portée sur la place publique par la photo de la Dépêche... »

L'intéressé, dont l'estomac est certainement encore chargé de confit et de haricots tarbais, accuse le coup, sans rien dire.

« Alors, si vous acceptez ma proposition, on va donc régler discrètement et harmonieusement, votre absence d'hier, de façon à ce qu'il n'y ait pas de gorges chaudes sur le sujet, que personne ne mette votre chef en porte-à-faux, et que moi je n'éprouve une très forte contrariété. Avec monsieur Salut, vous allez récupérer, auprès du service de la gestion du personnel, le bulletin « journée maladie » précédemment établi, vous le donnerez à ma secrétaire et vous le remplacerez par un bulletin de récupération d'heures supplémentaires pour la journée d'hier. Et ainsi, cette affaire en restera là »

L'agent, qui semble avoir finalement apprécié ma dialectique, accepte en souriant.

Une fois de plus, le radicalisme en action vient de trouver son équilibre dans un compromis.

Suite à plusieurs sondages opérés en liaison avec le chef du service gestion, j'observe que le suivi des effectifs pose question. L'écart entre le réel et le déclaré par les agents administratifs de chaque unité, est de l'ordre de 1 à 1,5%. Ce taux n'est pas scandaleux, sauf qu'il provient le plus souvent des transferts entre les subdivisions et de la prise en compte plus ou moins bien effectuée, du personnel en location. Par ailleurs, ce suivi, qui, pour le personnel d'exécution, enregistre les engagements, absences pour stages et/ou congés, mais qui ne prend pas en compte les déplacements (Orly, Roissy ou bien escales), les heures supplémentaires et les récupérations d'heures, ne permet ni d'établir la corrélation des heures travaillées et des effectifs, ni d'anticiper suffisamment la situation des deux domaines précédents, dont il convient de faire figurer la prévision et le déroulement, via un suivi annuel calendaire, sur un tableau de synthèse, facilement accessible, pour consultation, par tous les responsables du centre,.

Alors, me revient en tête la façon dont l'ami Roger Dombre, au département grand entretien d'Orly effectuait (fichiers individuels compris) — et à la plus grande satisfaction de Kientz — ce suivi, avec la mesure continuelle des écarts par rapport à la prévision budgétaire annuelle.

Une méthode : je la possède ! Un agent capable et de confiance pour mettre tout cela en œuvre et être à la fois l'interlocuteur des services centraux d'Orly et du commandement de Montaudran, je l'ai aussi ! Sauf qu'il s'appelle Robert Lucas et qu'il travaille à Roissy !

Fin octobre, Oziol et bien évidemment Kientz, — que ma proposition étayée, le souvenir du grand entretien et de l'excellent Dombre ont rajeuni un instant — sont convaincus, de l'intérêt du dispositif proposé. Quant au père Lucas, — qui envisage, sans le dire, une retraite ultérieure dans le sud, — et à qui je fais part sans tarder, de mon idée par un coup de fil, la proposition de prendre un tel poste au centre de Toulouse, auprès de moi, lui convient immédiatement.

Trois mois sont nécessaires pour désigner puis former son remplaçant. Dès son arrivée au centre de Montaudran, on passe une demi-journée à tout définir. Un gars comme Lucas, n'est pas un bavard, c'est quelqu'un qui écoute, qui gamberge, qui pose une ou deux questions... et qui apporte en plus sa valeur ajoutée. Quinze jours après son arrivée, tout le système de suivi est en place et fonctionne.

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