AU DELÀ DES BOUCHURES
L'étape suivante de « construction » concerne le planning défini pour les visites avions. Je réunis au hangar, dans le bureau de préparation, le chef de subdivision, les contremaîtres, les contrôleurs principaux et les agents de planning concernés par le grand entretien des B 727/B 707. D'entrée de jeu, j'attaque le sujet.
« Vous tous qui êtes là, imaginez que soyez propriétaires de la flotte B 727 d'Air France, compte tenu du prix unitaire de chaque exemplaire, vous laisseriez un appareil de ce type (moyen courrier susceptible de voler douze, voire quatorze heures par jour) immobilisé cinq semaines au sol, pour une grande visite, sachant qu'il y a déjà vingt-cinq ans, à Orly on révisait les B 707 en deux semaines ? »
Sourires de participants qui ont compris où je veux en venir.
« Alors puisque vous avez saisi le sujet, je vous demande de réfléchir et d'étudier, sur tous les plans (planning, effectifs, approvisionnements) la faisabilité d'une visite B 727 en trois semaines. Pour ma part, rien ne s'y oppose, sauf, en l'état actuel de la situation, l'exécution des travaux concernant la structure sur le longeron arrière du plan fixe horizontal de l'avion, travaux liés à une inspection préalable par radiographie et à un approvisionnement coûteux chez Boeing.
Actuellement, les résultats de l'inspection — effectuée après le démontage des gouvernes de profondeur et le nettoyage de la zone — sont connus le jeudi soir et l'approvisionnement déclenché le vendredi par le gestionnaire d'Orly. Dorénavant, après examen de l'affaire avec l'adjoint technique et le chef de la préparation, nous allons opérer de la façon suivante :
l'avion arrivant à Montaudran le samedi après-midi, il sera mis en dock dès après la vidange du carburant par une équipe travaillant jusqu'à 23 heures. - Le démontage des gouvernes sera effectué en deux vacations le dimanche. Le nettoyage de la zone sera effectué, la nuit de dimanche à lundi, par deux manœuvres.
L'inspection — corrosion et recherche de criques par radiographie — effectuée par le contrôle débutera dès sept heures le lundi matin. La production mettra un ouvrier spécialisé à la disposition du contrôle pour la durée de l'inspection.
le résultat après développement des films sera connu, au plus tard, le jour même à quatorze heures. Il sera immédiatement suivi d'un approvisionnement en urgence, déclenché par la subdivision avions, avec copie de la demande au gestionnaire.
Dès dix-huit heures le soir, j'appellerai personnellement le bureau de traitement des AOG de Boeing à Seattle. Si tout va normalement, l'approvisionnement de chez Boeing sera, au plus tard, à la disposition de chaudronniers de la subdivision le jeudi midi.
Programmés en deux vacations, sauf le samedi qui sera travaillé en horaire normal, les travaux de structure de la zone, selon importance et difficulté éventuelle, seront terminés, le mardi soir de la seconde semaine ou le mercredi midi au plus tard. Dans l'hypothèse d'une visite de 13 jours et demi de dock, il restera six jours, plus la ressource du samedi de la seconde semaine, pour remonter, régler et procéder aux essais de volets.
Ainsi, nous allons, dans un premier temps, régler cette difficulté d'intervention structurale comme si la visite était en trois semaines. En conséquence, je vous alloue une semaine pour me confirmer la faisabilité de la visite dans ce délai raccourci. Si quelqu'un choisit de me dire que l'affaire est impossible, qu'il vienne me voir avec... beaucoup d'arguments. Si par contre c'est réalisable, ce que je pense, dès l'année 1979, après consultation du service « programme » d'Orly, les visites des B 727 d' Air France ou des tiers clients, seront effectuées en treize jours et demi de dock et non plus en 23,5 comme actuellement. Maintenant à vous de jouer ! Je demeure à la disposition des uns et des autres pour toutes questions relatives aux deux points précédents. »
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