Au printemps et en milieu d'année, le centre de Montaudran poursuivant son renouvellement de cadres, plusieurs mouvements ont lieu.

Au service gestion économique, Max Dupin, ancien apprenti de Montaudran, successivement chaudronnier, chef d'équipe puis contremaître — syndiqué cadre CGT, intelligent, vif d'esprit, travailleur et homme de terrain plein d'humour —, succède à René Gaillard, et tout en étant placé sous les ordres de Crivois, choisit, de fait, de devenir un de mes agréables et précieux adjoints. De façon continue, associé à Robert Lucas, il contrôle les résultats.

Au service gestion du personnel, Pierre Tritz, ancien moniteur de Vilgénis, précédemment agent de maîtrise au service du personnel d'Orly, — homme intelligent et pointilleux, travailleur, rigoureux, mais hélas affecté d'une susceptibilité maladive et, par ailleurs, affidé de Crivois — devient chef du service du personnel de Montaudran.

Henri Lucas, Adjoint chef des services techniques, dont j'ai signalé à Oziol la qualité des services rendus depuis mon arrivée, fatigué, a finalement accepté son dégagement. Maxime Rouquette, qui a été successivement, à Orly, chef du bureau d'études B 707, puis chef du service technique du centre d'exploitation postal, homme agréable et fin technicien que je connais déjà, vient le remplacer.

Je regrette le départ du premier et me félicite de l'arrivée du second. Ainsi parfois va la vie.

À la tête de la subdivision avions, Albert Laur, ingénieur CESI — ancien du CIV, aveyronnais typé et sympathique, au caractère volontaire et fougueux, alliant puissance de travail, capacité d'analyse et moindre esprit de synthèse, au commandement parfois malhabile, — remplace François Thuillier. À la tête du service préparation de la subdivision, nous nommons Guiraud Robert, — de formation BTS, homme fin, adroit, discret et astucieux, précédemment contremaître au commandement aisé et naturel — en remplacement d'un autre BTS, — certes actif et audacieux, mais à l'objectivité pas toujours présente dans ses jugements — Miche Alègre. Nos deux BTS sont syndiqués F.O.

Sur le plan opérationnel, un premier chantier extérieur, — réparation structurale, de moyenne importance (250 heures de M.O.) concernant un DC 3 accidenté — est effectué à Dakar. Occasion d'une petite friction avec le service du personnel qui dans un premier temps ne veut pas régler les quatre packs d'eau minérale consommés par les compagnons pendant le travail. J'insiste et obtiens gain de cause et que ce soit désormais la règle. Lors des déplacements pour travail en pays chaud, je souhaite voir l'équipe efficiente au travail et certainement pas l'un ou plusieurs des membres du groupe détaché, passer une demie journée à la recherche d'eau dans une grande surface, d'où, au départ, l'embarquement de packs avec les caisses à outils. Modeste dépense et ambiance positive.

À la suite de ce chantier, et bien décidé à faire valoir les capacités professionnelles des agents du centre, je demande à Laur de définir une liste d'agents, avec passeports et vaccins, à jour en vue de répondre à d'autres chantiers éventuels.

Depuis ma prise de fonction, j'ai insisté, auprès des responsables d'unité et de tout l'encadrement des équipes de production, sur la nécessité de remplir avec attention et objectivité les notations et non seulement de les commenter, mais de les faire lire à chaque agent concerné, de façon à faire les choses clairement et, (y compris concernant l'assiduité) ne pas être en contradiction au moment de prononcer les avancements. Cette mesure qui n'a pas déplu, permet par ailleurs d'atteindre en fin d'année un taux d'absentéisme à 4,2% vs 5,3% au départ.

Les objectifs de production et les résultats budgétaires de l'année mil neuf cent soixante dix-neuf sont bons. Je bénéficie d'un avancement au premier janvier mil neuf cent quatre-vingt.

Kientz qui, en compagnie d'Oziol, visite le centre en début d'année nouvelle, semble satisfait.

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