AU DELÀ DES BOUCHURES
Depuis décembre mil neuf cent soixante-dix neuf, j'occupe à Fonsegrives, un très modeste pavillon, économiquement meublé, mais tardant toujours à accepter la perte d'emploi de mon épouse, je suis toujours, à Toulouse, célibataire en semaine. Kientz s'inquiète et relance mon épouse chaque fois qu'il la rencontre dans les couloirs du bâtiment de commandement. Oziol, sans que je le sollicite s'en mêle et finalement, avec l'accord de Kientz, un poste de travail lui ai proposé à Toulouse. Contrarié par cette situation, je réfléchis à tous ses aspects :
1/ D'une part je refuse a priori la perte d'emploi de mon épouse, mais d'autre part je ne peux accepter qu'un poste soit créé pour elle à Montaudran, lors que l'organigramme est depuis trois ans en cours, comme on dit vulgairement, de dégraissage...
Par ailleurs le fait d'accepter de perdre l'emploi de mon épouse, et de devoir en plus, — comme tous mes collègues mutés pour un maximum de cinq ans — payer un restant à charge de loyer mensuel de plus de 40%, pourrait être un élément d'appréciation, d'ordre financier supplémentaire intéressant la date ma promotion... Encore que j'ai un doute sur les états d'âme de ces messieurs de bois joli...
2/ À ce sujet, j'ai désagréablement noté que sur le dernier organigramme ouvert, devant moi, par Oziol, son poste précédemment en catégorie VII et le mien, précédemment en catégorie VI, sont désormais, tous les deux, classés « à cheval », l'un en VI/VII, l'autre en V/VI, situation tordue déjà vécue avec Cariolle. Cette simple modification exonère Kientz, non pas de sa promesse, mais de son fameux « ça devrait pouvoir se faire … », prononcé sur un parking de Roissy.
Ironie du sort supplémentaire, j'apprends qu'à Roissy, le poste que j'ai ouvert avec une prime avant promotion, ensuite tenu et construit, en catégorie V, est dorénavant classé en V/VI. Voilà qui pour moi, en dit long sur la façon dont les situations sont gérées, au gré des personnes et non au gré des résultats....
Fonction de ce qui précède, — malgré le fait que Kientz, m'ai mis un petit mot aimable, marquant sa « confiance pour la suite » sur la notification de mon dernier avancement —, et alors même que progressivement je deviens assez perplexe concernant la hiérarchie (Oziol et Ravier) —, mon épouse et moi, décidons d'accepter de donner sa mise en disponibilité.
En conséquence, je continue les allers-retours sur Paris jusqu'au mois de juillet, date à laquelle mon épouse viendra me rejoindre à Toulouse, tandis que l'appartement de Choisy-le- roi, impeccable et peu désireux d'une remise en état après location, demeurera inoccupé.
Je tiens à être précis et juste, j'ai vécu à l'hôtel, un éloignement très difficile, pendant un an et demi, mais durant cette période Kientz a élégamment maintenu mes frais de déplacements.
Oziol, dont le départ est envisagé, m'informe qu'il a très fermement refusé le poste de directeur de l'Institut Aéronautique Amaury de la Grange, qui une fois encore l'éloignerait de Paris. En finale, il acceptera d'aller prendre le commandement du Centre d'Exploitation Postal. Gilles Decroix doit le remplacer.
Mes deux années passées sous le commandement d'Oziol demeurent pour moi un mystère et j'ajoute sincèrement, un regret.
Je dois tout d'abord reconnaître qu'il m'a laissé les coudées franches pour diriger la production et qu'il m'a toujours considéré comme son adjoint, me confiant sans interrogation ni susceptibilité, les notations professionnelles au premier degré des chefs de subdivision. Nos relations, pour sympathiques qu'elles furent à certains moments, ne débouchèrent pas, hélas, sur la confiance et l'amitié comme cela avait été le cas avec Noat.
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