Oziol avait certes exigé des résultats et apprécié que tout se soit bien passé, mais n'avait jamais fait part d'une quelconque satisfaction, ni d'un intérêt véritable pour le centre ou plus simplement concernant les progrès intervenus au centre. Un délégué ouvrier CGT, prononçant un jour un jugement certes excessif, était allé jusqu'à le traiter, de « fossoyeur du centre ».

Dans ces conditions, je me suis toujours demandé si le taux supérieur de ma prime de gestion, dont je bénéficiais depuis deux ans, résultait de sa propre demande, ou de l'appréciation de Kientz.

Ses déclarations quelque peu fantasques et/ou péremptoires sur tel ou tel sujet, — lesquelles n'ont jamais, semble-t-il, ébranlées ni Bacconnier ni Laur —, puis son silence total observé et l'absence d'un quelconque retour concernant le traitement de l'événement rapporté par Thuillier — situation qui m'avait fort interrogé et contrarié et qui, on peut le comprendre, avait très profondément dégoûté Thuillier —, et enfin ses paroles parfois très belliqueuses concernant Kientz qu'il semblait détester, et sachant par ailleurs son appartenance, avec de Féraudy, au cercle des proches de Treins, me laissaient perplexe sur son envie de me considérer, au total, favorablement, ne serait-ce que parce que Kientz m'appréciait.

D'ailleurs avant de partir Oziol — qui, compte-tenu des résultats, aurait pu avoir envers moi, au moins la reconnaissance du ventre, et ce, a fortiori du fait, pendant deux ans, de ses nombreuses absences au travail, en après-midi de semaine, également du fait que je n'avais jamais cherché à approcher Kientz quelles que soient les circonstances vécues —, ne se privera pas du plaisir d'un coup de pied de l'âne, en reconnaissant, devant un tiers, mes grandes qualités au travail, mais précisant aussitôt qu'il ne supportait pas mes sarcasmes, et que ce seul point, lui semblait de nature à empêcher ma promotion.

Le programme industriel du centre se déroule normalement. Il arrive parfois, quelques désaccords concernant les mouvements de personnel entre subdivisions, que je dois arbitrer entre Laur et Bacconnier, mais entre un Laur, toujours volontaire et parfois un peu vif et un Bacconnier plus posé et ne souhaitant pas trop prendre de risques, la bonne volonté des deux ne manque cependant pas. Et, avec ces deux chefs de division, avec Robert Guiraud, Robert Lucas, Max Dupin, le père Louba, Jean Gimenez et André Craissat ; l'ambiance de travail est bonne et fructueuse. Les journées passent désormais agréablement et très vite.

Le fait important des prochains mois, réside dans l'importante charge de travail prévue concernant le nouvel aménagement commercial du B 747. Mais sur ce plan là, l'ai confiance. Avec les équipes que j'ai vues travailler au centre et l'élargissement du nombre des sous-traitants, je suis pleinement convaincu que nous saurons faire face dans les courts délais impartis.

C'est la dernière journée d'Oziol au centre. Notre dernier repas en commun, en remerciement de son excellent foie gras a eu lieu, il y a déjà quelques temps, devant un cassoulet à Castelnaudary.

Mais aujourd'hui pas de repas, pas de pot pour arroser son départ. Pas le moindre cadeau offert. Oziol part sans regrets, sans effusions, sobrement, discrètement. Tristement à mes yeux.

Comme pour effacer une dernière anomalie, il emmène avec lui, comme chef production du centre postal, Parouffe, gentil garçon et cadre sérieux, et seul ingénieur CÉSI à avoir pris sa catégorie V, à Toulouse, dans un poste de catégorie IV.

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