CENTRE DE RÉVISION DE TOULOUSE-MONTAUDRAN (2/2)
Adjoint chargé de la production. Chef de centre intérimaire.
Bâtiments communs du château de Lespinet-Raynal
(juillet 1978/mars 1983).

Simultanément au remplacement de Pierre Oziol par Gilles Decroix au commandement du centre, Jacques Décamps, inspecteur principal précédemment affecté en escale, prend le poste d'adjoint relations du travail que quitte Norbert Crivois, appelé à prendre, à Maine Montparnasse, le poste de chef du département Affaires sociales. Ces deux affectations complètent le renouvellement de toute l'équipe de commandement du centre.

En 1980, au moment de sa prise de fonction comme chef de centre, Gilles Decroix, entré à la compagnie en juin 1967, âgé de trente-sept ans, avec treize ans d'ancienneté, est depuis 2 ans ingénieur-en-chef à l'échelle 20. Comparativement aux évolutions de carrière des ingénieurs embauchés quinze ans plutôt, — Jean Bavoux (sup'd'aéro et avocat), avait eu sa promotion à quarante-deux ans et Willy Boehler à 46 ans — les éléments précédents témoignent, d'une accélération moyenne de sept à neuf ans, pour la carrière de ces messieurs de bois-joli, embauchés après 1966.

Decroix, personne intelligente, mesurée, intellectuellement honnête, fin et discret stratège (un vicieux m'avait dit Oziol), semblant parfois détaché, — disant lui-même, ne pas avoir de mémoire (je dirais plutôt ayant une mémoire très sélective ...) — prend progressivement et paisiblement ses marques, à la tête d'un organisme qui, désormais, fonctionne convenablement. Concernant mon travail et l'exercice de mes responsabilités, Decroix — tenu régulièrement au courant de mes décisions et dont je prends avis chaque fois que nécessaire — nullement tatillon (et je crois, avec moi en confiance), me laisse le même degré de liberté que me laissait Oziol.

Le programme industriel de la campagne 1980 : 1981 — d'une part, dernières visites des Boeing 707 (flottes Air France et tiers) et les visites des Boeing 727 pour la subdivision avions, d'autre part, moteurs Dart, révision équipements et fabrication d'équipements (galleys, meubles divers, cloisons) d'aménagement commercial des différentes flottes pour la subdivision ateliers — se traduit par un plan de charges de main-d'œuvre suffisant et, satisfaisant au plan de sa répartition mensuelle.

Cependant, le programme intéressant les aménagements commerciaux est d'une ampleur jamais atteinte jusqu'alors et se présente, — tant au plan des études effectuées à Orly, que s'agissant des travaux de réalisation, confiés au centre de Montaudran, avec des contraintes de délais inhabituels. Un partage des tâches et une planification très précise des charges sont en conséquence exigées, entre les capacités des équipes de haut niveau du centre à qui doivent demeurer confiés la réalisation des outillages, l'assemblage, la finition, le contrôle et la livraison des ensembles et le nécessaire appoint de la sous-traitance à qui sera confiée la fabrications des pièces constituantes. Un excellent exercice d'ordonnancement et de rigoureux suivi en perspective.

Dès la première réunion de commandement, j'interroge Decroix afin de savoir s'il sera un jour possible de connaître, — ne serait-ce que par respect de la hiérarchie — par qui et comment a été traitée, l'affaire dont le précédent chef de subdivision Thuillier a rapporté les faits, faits portés par moi, en la présence de Thuillier, à l'attention de Crivois, ce dernier étant en position de chef de centre intérimaire. La réponse de Decroix est précise et déterminée :

« Je n'ai pas l'intention de reprendre à mon compte les affaires précédentes d'Oziol … »

Je lui rétorque que cela m'apparaît comme une façon de désavouer voire de mépriser la hiérarchie. Silence.

Par ailleurs, Decroix décide d'élargir aux deux chefs de subdivision, la présence, à tour de rôle, du centre, aux réunions parisiennes hebdomadaires du sous-directeur de la production.

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