AU DELÀ DES BOUCHURES
Le lendemain, à Montaudran, Robert Guiraud, étudie la consigne et, tenant compte des heures prévues d'arrivée et de départ de l'avion, de sa prise en compte et du délai de mise en dock, planifie les travaux. Une modification, estimée à 40 heures de M.O, nécessitant un seul intervenant au poste de pilotage pose problème. Il nous faut trouver un électricien capable, en quatre vacations nocturnes soient 30 heures, d'effectuer cette tâche. Je demande à Guiraud de rencontrer le metteur au point qu'il a choisi, pour lui expliquer la situation et lui demander en combien de temps, il peut exécuter cette opération. Après étude des plans, l'honnête compagnon confirme dans mon bureau estimer ce travail à 26 heures. Sans pesée hiérarchique, je dialogue directement avec lui :
« Sérieusement, sans vous influencer d'une quelconque façon, vous êtes en mesure de faire le boulot en 26 heures ? »
« Sauf imprévu, que je n'imagine pas, affirmatif... »]
« Bon, alors voilà ce que je vous propose, durant quatre nuits, dès lundi soir, on vous libère le poste dès 22 heures chaque soir, ce qui vous fait un total de 32 heures disponibles. Vous vous mettez au travail en arrivant et vous avancez au mieux. Vous êtes maître de l'affaire, et si vous le jugez nécessaire, vous décrochez avant la fin de vacation. Le travail doit être terminé le vendredi à 7 heures. Si un problème ou besoin quelconque se manifeste, je vous demande de prévenir immédiatement monsieur Guiraud. J'ajoute que si vous acceptez, vous devrez faire cela sur six avions, soient quatre vacations de nuit pendant six semaines. Moyennant cela, vous ne travaillerez que quatre vacations par semaine avec week-end de trois jours, et je m'engage à ce que vous soyez payé cinq vacations avec les majorations de nuit, plus quatre heures supplémentaires par semaine pour votre prise de travail à dix heures le soir… Ça vous paraît correct ? »
À la satisfaction de tous, l'accord scellé d'une solide poignée de mains valide la capacité du centre à traiter les six appareils neufs à réception afin de préserver, chaque week-end, la réserve avion de la flotte B 727.
J'informe Decroix de la proposition de Topenas, de l'examen effectué et recueille son feu vert pour donner une réponse affirmative. Pour les raisons d'exploitation déjà évoquées et malgré le coût de convoyage des avions, Topenas convainc Kientz de confier cette charge de travail à Montaudran. L'accord est donné en début d'après-midi.
Les six appareils seront traités sans problème par la subdivision avions du centre, avec respect rigoureux des délais. Bien que ces quelques mille heures de travail ne changent pas grand chose au plan de charge de Montaudran et ne constitue pas en soi une prouesse, je me réjouis d'une situation qui témoigne de la capacité locale à prendre au débotté des chantiers, en acceptant les contraintes éventuelles afin de respecter les délais impartis.
Un autre motif de satisfaction provient des équipes de la subdivision ateliers généraux, qui chargées de la réalisation des outillages intéressant les fabrications des pièces et de l'assemblage des meubles d'aménagement commercial, ont réussi à livrer à l'exploitation, tous les élément et d'abord le beau polymeuble bar de la première classe des Boeing B 747, dans des délais très contraints.
Cette importante opération qui aura exigée des efforts d'études, de préparation, d'organisation, de sous-traitance, d'exécution en ateliers, fera le moment venu l'objet d'une lettre de félicitations de la Direction Générale (DG-DT 15.015), signée de Guy Peltier.
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