Le Boeing 707 d'Air Rwanda, provisoirement réparé à Kigali, arrive à Montaudran le 1er juin 1981, note Maurice Berlan, ancien compagnon, dans son livre. La réparation définitive (avion sur vérins avec berceau en bois de maintien fuselage à l'avant), doublée d'une visite de petit entretien niveau T2, — les travaux majeurs de chaudronnerie étant exécutés, en trois vacation (horaire 3X8), par les performants « choumacs 3» du centre — sont terminées le 25 juin du même mois.

Une fois encore, les professionnels de Montaudran, assistés des vieux routiers des services techniques animés par Max Rouquette, auront remplis leur tâche, à la grande satisfaction du commandement du centre, de l'expert des assurances Loyd, et par conséquence des représentants de la compagnie exploitante. Par cette belle matinée ensoleillée de fin juin, dans un centre dont les parterres sont à nouveau fleuris depuis l'arrivée de Decroix, une satisfaction paisible et fière, illumine le visage des uns et des autres.

Réunion de travail entre Decroix et moi, dans son bureau. Trois points sont examinés.

Le premier concerne la rénovation de la cantine, dossier dont Loubatières, qu'un de mes chefs de service, a commencé d'examiner et que Decroix souhaite piloter à ma place. Décision normale, et que j'approuve. Compte tenu du lien entre cette affaire et le comité d'établissement du centre, le chef de centre est de droit concerné.

Le deuxième porte sur une erreur commise au niveau des bains de traitement de la subdivision ateliers généraux, dirigée par Bacconnier. En remplacement du titulaire habituel en arrêt maladie, l'agent, en location, qui l'a remplacé, non formé, n'a pas respecté une phase d'une procédure. Le coût de cette erreur est très élevé. J'explique à Decroix m'être déjà entretenu de cette affaire avec Bacconnier. Ma position est de considérer que la faute initiale commise est celle du contremaître qui a remplacé, au débotté, à un poste de travail à risque, un agent qualifié par un agent intérimaire non formé. Compte tenu des aspects sécurité et financier — l'erreur coûte environ vingt millions d'anciens francs — j'exprime à Decroix, une demande de sanction à l'encontre de ce contremaître, par ailleurs sérieux, au niveau de la prime de gestion trimestrielle. J'ai également précisé au chef de la subdivision, que pour ce type de poste, en songeant à la période de congés, il convenait d'avoir deux agents formés. Decroix décide de parler de l'affaire avec Bacconnier.

Le troisième point abordé, intéresse les travaux de fabrications sous-traités par le centre, charge de ma responsabilité, et reflète une situation plus originale et pour moi inacceptable. En effet, un inspecteur-en-chef hors classe, chef de département d'une autre direction d'Air France, membre bien connu du RPR, dans un courrier adressé à Decroix, s'étonne sans aucune retenue, que telle entreprise du sud-est, — filiale d'un groupe déjà sous-traitant d'Air France, dont le jeune et récent directeur est (surprise) le fils d'un autre tout puissant notable RPR méditerranéen —, ne reçoit pas de commande. Decroix, à qui je dis mon dégoût de ce type abusif d'intervention, me demande de rassembler les éléments de façon à faire comprendre, à ce cher correspondant, que le centre ne négocie pas avec chaque unité du groupe retenu comme sous-traitant, n'intervient aucunement dans la répartition interne du volume de travail confié au groupe et que par conséquent, les choses sont claires et ne visent en aucun cas à désavantager quiconque. Ainsi, le cher correspondant pourra répondre à son cher solliciteur, membre du même parti au pouvoir, que malgré sa complice et indécente intervention, les choses demeureront en état. Et le cher et puissant notable RPR méditerranéen, expliquera, peut-être, à son jeune ingénieur de fils que même les appuis politiques trouvent, parfois, leur limite, et qu'il convient au jeune homme de se remuer pour réussir.

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