Ce matin de début juillet mil neuf cent quatre-vingt deux, qui offre un ciel toulousain superbe, une température déjà agréable et quelques pimpantes toilettes féminines5, semble vouloir débuter une agréable journée. Decroix est en vacances. Je fais donc fonction de chef de centre intérimaire.

Le téléphone sonne. Je décroche et la secrétaire de Decroix me passe Kientz. Franches et cordiales civilités avec celui avec qui j'ai directement travaillé au grand entretien et qui rit quand je lui dis que pour des raisons que j'ignore, je me sens, ce jour, très heureux.

« Un Fokker d'Air Guadeloupe a dû faire un atterrissage sur le ventre, à l'aéroport du Raizet, avec de gros dégâts fuselage, sur une longueur de six mètres. Le Président de cette compagnie interroge Air France sur ses possibilités d'intervention. Est-ce que vous êtes partant pour prendre, sur place, cet important chantier … »

Immédiate, la réponse fuse :

« Sous réserve de l'aval de Decroix, qui comme vous le savez est en congés, ma réponse c'est oui...! Vous me donnez une heure pour le joindre et je vous rappelle pour confirmation... et sans perdre de temps, je mobilise le service technique pour une mission sur place en vue de définir la réparation, me permettre d'établir le devis et le porter à la connaissance à l'attention d'Air Guadeloupe et de son assureur... »

« On fait comme cela. Vous me donnez la réponse, vous attendez en retour mon télégramme officialisant la décision. Ensuite vous déclenchez la mission. N'oubliez pas de mettre ampliation de vos télégrammes futurs, à la direction régionale Caraïbes. »

Le bienheureux vacancier prenant sa douche vendéenne lors de mon premier appel, je l'ai joint la seconde fois à neuf heures. Je lui ai rapporté la situation, ai vivement insisté sur l'intérêt de ce chantier pour le centre et, après lui avoir assuré que j'en prenais la responsabilité, ai obtenu son aval. Dans la foulée, coup de fil à notre sous-directeur Kientz, qui via télégramme, officialise la décision positive d'Air France, auprès des parties intéressées.

Dès le lendemain fin de matinée, Max Rouquette et Prévost Maurice, que je motive au maximum en leur confiant la mission d'appréciation technique, décollent de Blagnac pour Pointe-à-Pitre (aéroport Le Raizet, dorénavant aéroport Caraïbes). Ainsi débute une affaire qui, à mes yeux, doit permettre, une fois encore, d'exprimer la qualité des agents du centre.

En une semaine, déplacement compris, Rouquette et Prévost font sur place un constat précis des dégâts et, très rapidement au retour établissent la procédure de réparation. Très bon et utile travail qui permet à la subdivision avions, d'établir, le nombre d'heures de main-d'œuvre nécessaires pour effectuer la réparation et le planning d'intervention. Un chaudronnier de haut-niveau professionnel destiné à devenir chef d'équipe, se voit confier le commandement du détachement.

Lors d'une réunion que j'anime, en présence de tous les intéressés y inclut Georges Marty, le futur conducteur du chantier, le nombre total d'heures du devis atteint 4000 heures et le délai, hors tout de l'intervention fixé 33 jours ouvrables, soient cinq semaines, vol de contrôle de l'appareil inclus, le samedi voire le dimanche de la dernière semaine.

Compte-tenu de l'importance de l'intervention, des aléas et contre-temps divers susceptibles d'être rencontrés, des ajustements d'effectifs à opérer d'une semaine à l'autre (mouvements de personnel entre la métropole et les Antilles et vice-versa), des besoins outillages et matières éventuels, et jugeant que le responsable du détachement doit avoir, à Montaudran, un seul interlocuteur en mesure de prendre des décisions rapides, je décide d'assurer cette mission.

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