En dehors des apparitions de personnalités, depuis toujours, que ce soit à l'arrivée ou au départ de chaque avion venu en visite, c'est alors, dans l'esprit conservé de la Ligne, — avec l'équipage d'Air France ou avec celui d'une autre compagnie, ou avec le représentant et les techniciens d'un tiers client, — l'occasion d'un contact, d'un échange, d'un éventuel lien créé ou simplement de la retrouvaille d'un copain.

Autant de souvenirs simples et agréables qui se mêlent au temps industriel des hommes.

Ainsi, par une fin d'après-midi d'octobre, sous un ciel couvert, de l'atterrissage très spectaculaire du B 707 de Kadhafi, piloté par le captain George Muirhead, chef pilote instructeur chez Boeing, qui après une magistrale approche finale, perce la couche nuageuse et pose l'avion, avec cinq libyens à bord, sur une distance de piste inférieure à 1100 mètres.

Surprenante situation, lorsque, quelques jours avant leur départ pour Tripoli, les Libyens venus à Montaudran, demandent mon aide afin de se procurer chacun un kilogramme du,célèbre à l'époque, dentifrice Émail baril, et de devoir, en leur compagnie, convaincre les potards toulousains de libérer leur stock .... au nom de l'avenir du centre !

Moment de chaude camaraderie en saluant Maurice Carle, ancien du CIV (1947/1950), — qui lors des après-midi des dimanches des internes de Vilgénis, participait au pilonnage du but du goal amateur que j'étais — devenu cocher sur B 707.

Rencontre imprévu avec le commandant de bord Michel Pouligny venu aimablement me saluer et, à cette occasion, admirer le candélabre6 de Caravelle qui sert de portemanteau dans mon bureau. Suite au grand intérêt manifesté devant cette magistrale pièce usinée, et sans informer l'admirateur qui ne sera prévenu qu'au moment du décollage, je ferai emballer et charger rapidement l'élément dans la soute arrière de l'avion convoyé sur Orly. Près de quinze années plus tard, Michel, qui finira par obtenir mon numéro de téléphone, m'appellera de sa propriété varoise, pour me renouveler ses remerciements au sujet d'un candélabre qui trône désormais à Montauroux.

Montaudran c'est aussi pour moi des rencontres avec des anciens du sol connus à Orly : le gentil chef d'équipe Pierre Mothes, venu me féliciter avec une bouteille de Fronton, Durand mon premier chef d'atelier qui viendra me saluer et me solliciter pour la pose de la croix des aviateurs d'Albine, Picard autre précédent chef d'atelier qui me recevra cordialement lors d'une réunion avec les vieilles tiges.

J'y ai en particulier retrouvé Yves Roué, copain de Vilgénis, fait connaissance de son épouse Nadine la pied-noir, avant de les voir partir pour Casablanca ou Yves sera muté afin de tenir un poste de contremaître chez Royal Air Maroc. Et puis les liens progressivement liés avec tel ou tels ...

Mais Montaudran, c'est aussi Toulouse ville souriante et animée, fière de ses monuments et de ses riches marchés couverts Victor Hugo et place des Carmes et du marché plein vent des boulevards, offrant légumes de qualité de tous les petits producteurs locaux et cageots de cèpes en automne.

Pour moi et pour toujours, mon souvenir de Toulouse retient également, outre le chanteur Claude Nougaro, deux autres personnes, deux fortes personnalités très différentes mais chacune de qualité exceptionnelle. Ainsi, avant de terminer cette longue suite de chroniques par un nécessaire épilogue, je souhaite célébrer et rendre hommage, à Gaston Vedel et Lucien Vanel.

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