- La seconde, concerne plus spécialement Vilgénis, et veut saluer l'ensemble des acteurs (direction, encadrement, enseignants, agents et ouvriers réalisateurs de maquettes et circuits), de cette période difficile succédant à la seconde guerre mondiale, qui, par leur volonté, souvent exceptionnelle, établirent et développèrent ce centre d'instruction. La qualité et la gratuité de l'enseignement, situent cette aventure, non seulement comme une excellente réussite technique, mais, s'agissant majoritairement du devenir de jeunes gens, le plus souvent de modeste extraction, comme une réussite sociale véritable.

Il m'arrive de rappeler ce fait à certains anciens de Vilgénis, qui sont nombreux, à avoir eu comme moi, la chance de faire une carrière très satisfaisante, à une époque ou, il est vrai, fonctionnait encore l’ascenseur social.

Un point de détail... : En mai mil neuf cent cinquante-deux, la totalité de la promotion est soumise à la cuti-réaction tuberculeuse. Deux élèves, Labarre et Manigault ont une réaction négative qui témoigne de leur non primo-infection au bacille de Koch. En juin, il est donc décidé, de leur imposer la vaccination par le B.C.G, ce, sans information de la famille, sans qu'à l'occasion de cette vaccination, les intéressés soient informés de la nécessité d'éviter la fatigue, les excès sportifs et les expositions solaires. À l'époque le médecin directeur d'Air France, Docteur Robert, ponte officiel de la phtisiologie Française et apôtre convaincu de la thoracoplastie, règne en maître dans le domaine. Moins d'un an après, les deux jeunes gens seront à l'hôpital, puis en séjour sanatorial.... La même aventure était arrivée à Guy Poutet, un an plus tôt....

J'ai revu André, début des années 1960, lorsqu'il fut muté, en catégorie 2, au bureau d'études du Département du Grand entretien Avions où je travaillais comme agent d'ordonnancement/lancement sur chaîne. On lui confia un travail fastidieux de mise à jour et de classement, sans intérêt. Il semblait fragilisé et n'envisageait pas de passer les épreuves d'accès à la maîtrise...

Dans un courrier datant de près de trente cinq ans, Roger Papini (49/52) qui l'a rencontré, donne des nouvelles de notre copain André Idrac. Il a quitté Air France pour prendre en gestion une station service. C'est toujours un vrai copain mais son penchant pour la boisson semble être toujours là...

Au moment où j'écris ces lignes, je viens de téléphoner à la caisse de retraites d'Air France. J'ai appris, sans autre précision, qu'André était décédé depuis quelques années. Il demeure toujours un bon copain de promotion.

J'ai également appelé Roger Papini en Corse. Roger a passé la totalité de sa carrière dans les différentes escales d'Amérique du sud. Âgé de quatre-vingt-deux ans, ce Tonton Cristobal (au cul non cousu d'or, précise-t-il), père de deux fils, entretient toujours son jardin, continue les ballades en montagne, et faisant fi de toutes règles morales, ramasse même les châtaignes... Au cas où je n'aurais pas compris, il ajoute :

« Incroyable, je n'ai mal nulle part, je ne sais pas ce que c'est qu'une douleur... c'est la génétique, ah, oui, il n'y a pas d'autre explication, c'est la génétique...! »

J'espère que la génétique va lui permettre de s'inscrire sur le site d'Aviatechno.

Pace salute per te Roger....


 - 31 -