AU DELÀ DES BOUCHURES
DOMECY-SUR-LE-VAULT
Par M. A. PISSIER, curé de Saint-Père-sous-Vézelay
12 floréal an V (2 mai 1797). — On plante un nouvel arbre de la liberté, entouré d'une bouchure (haie, palissade) pour la garantie des bestiaux : déboursé 3 livres pour payer 4 pintes de vin pour celui qui a fourni l'arbre et pour ceux qui l'ont planté.
Orgueil du propriétaire et désespoir du chasseur, les bouchûres morvandelles sont des forteresses, des remparts, où la ronce, l'épine noire, le houx, le néflier, l'églantier, etc., figurent les chevaux de frise ; et où le liseron, le chèvrefeuille, le sureau, etc., s'enchevêtrent si follement, s'êtreignent en lacis tellement embrouillés que les oiseaux eux-mêmes ont peine à s'en dépêtrer. De ce fouillis émergent ça et là le pommier sauvage, le griottier que le printemps poudre de frimas ; tout à côté, le torse tourmenté et la tête crépue de quelque corniau de chêne apparaissent comme la silhouette d'un nain difforme. Sur certains points, de vieux troncs, énormes, aux racines étrangement contournées en dragons fantastiques, s'élèvent comme les témoins des forêts disparues. Ces haies formidables n'en sont pas moins charmantes. Le printemps et l'été durant, tout y fleurit, y embaume à son heure, et l'automne, y semant à pleines mains les grains de corail de sa corbeille, tient là table ouverte pour mille convives affamés.
En tous cas, ne jamais confier aux fermiers l'opération de l'éclaircie. Si le propriétaire s'est engagé à leur fournir de l'épine ou de la bouchure dans ses taillis, elles devront être exploitées par des ouvriers dépendant de celui-ci, et surveillés par les gardes, sauf au fermier a tenir compte de la façon. Car on conçoit combien il est dangereux d'introduire au bois des ouvriers étrangers à l'action du propriétaire, et qui ne sont soumis à aucun contrôle.
On ne peut être trop convaincu des dommages causés aux bois par les fermiers des biens ruraux ou ne résident pas les propriétaires :
Les baux ne sauraient donc être trop sévères sur tous ces points, comme sur le droit de jouissance des arbres isolés dans les haies, qu'on fera bien de restreindre à ceux non frappés du marteau de garde. Il vaut mieux, dans bien des cas, se relâcher facultativement, que d'être témoin d un mal journalier qu'on ne serait point apte h combattre.
par M. l'Abbé MARTINET, curé de Montpont - AGENCE PRESSE MONTPONT - 1910
En 1728, le domaine seigneurial de Denizet se louait cinq cent cinquante livres par an, et le fermier avait le droit de prendre « du bois pour son chauffage et la bouchure de ses héritages, sans en mesuser et sans toucher aux chesnes et arbres fruitiers, et laissant seize baliveaux par arpent »(1)
(1) Minutes des notaires de Montpont. Le fermier était Denis Rosain, laboureur.
Un grand merci à la BNF - Gallica
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