AU DELÀ DES BOUCHURES
Mais voilà que, pour étouffer ces bacilles, pour les abattre, on a invoqué contre eux les vices de leurs frères condamnés ! Mais quant à ces vices, on veut en oublier la chose essentielle, c'est qu'ils étaient acquis et non congénitaux ! Est-ce tout ? Non ! Un maître de la phtisiologie française est allé jusqu'à nier leur existence et a soutenu, devant le Comité Supérieur d'Hygiène Publique de France, que Léon Joly les avait présentés avec de faux papiers :
" Le fait de l'avoir (le vaccin Friedmann) frauduleusement baptisé émulsion A.R.T n'a en rien modifié son caractère charlatanesque ".
Mais, si catégorique qu'elle soit, et de quelque hauteur qu'elle tombe, toute affirmation doit être étayée par des faits et des preuves.
Des preuves ? Elles existent certes, mais c'est pour donner le démenti le plus formel au Docteur Rist, auteur de l'affirmation précédente. Ces preuves, vous les verrez dans un livre qui va paraître incessamment, sous la signature du Comte d'Oppersdoff, à qui il serait de mauvais goût de contester l'honneur de connaître à fond le bacille de tortue.
Je ne sais ce que vaut, en ce moment (1947), le Friedmann ou son dérivé le B.T.M ( bacille de tortue) ; je n'ai jamais utilisé ni l'un ni l'autre et je me garderai bien de porter un jugement sur ce produit, qui a connu tour à tour des échecs et des succès. Par contre, abandonnant route activité médicale générale depuis 1941, je me suis consacré à l'étude et à l'expérimentation de l'A.R.T dans toutes les formes de la tuberculose.
Je suis convaincu de l'innocuité absolue du vaccin A.R.T, à condition toutefois d'observer une posologie nécessitant de la part du médecin la connaissance parfaite de l'action du bacille au même degré que la connaissance de la réceptivité du malade.
Est-il préventif ?
Dans un article paru dans Santé publique du 19 avril 1947, et intitulé " Guérison de la Tuberculose et campagnes de presse", le professeur Bezançon déclare que " les protagonistes actuels de l'A.R.T (bacille acido-résistant de tortue) n'invoquent plus, d'ailleurs, ce pouvoir vaccinal ".
Protagoniste de l'A.R.T, et l'un des principaux, je crois fermement à ce pouvoir. il est encore trop tôt pour affirmer l'action préventive, mais l'expérience de Petrzehet* (banlieue pauvre au sud-est de Budapest) a été très significative et rien n'empêche de la renouveler en France.
* C'est dans cette zone populaire, où la mortalité par tuberculose était la plus élevée en Europe, qu'avait été décidé et effectué cette expérimentation, laquelle fut suivie par une enquête sénatoriale conduite par un sénateur de l'est de la France (désolé, je n'ai pas conservé les documents et j'ai oublié le nom du parlementaire). Les conclusions favorables de cette enquête, furent publiées mais n'eurent aucun effet sur le comportement des autorités médicales responsables, en France, de la tuberculose.
Est-il curatif ?
Sans doute l'A.R.T ne guérit pas tout le monde. Ce qu'il faut voir, c'est le pourcentage, et celui-ci est excellent. En ce qui me concerne, il serait encore meilleur, si je voyais la même clientèle de tuberculeux que tous les phtisiologues classique, c'est-à-dire des tuberculeux à tous les degrés ;
Hélas, la grosse majorité de mes patients, et en général des patients qui ont recours au Bacille de tortue, ne viennent à ce traitement qu'après échec des autres thérapeutiques et, bien souvent, avec un foie délabré par les sels métalliques (par la suite les antibiotiques) qui eurent toutes les faveurs dans les hôpitaux et les sanas. Combien ai-je soigné et guéri de malades candidats à la thoracoplastie.
- 335 -