AU DELÀ DES BOUCHURES
Les enquêteurs du BEA, les gendarmes et divers magistrats arrivent rapidement sur les lieux. Une foule de curieux et de journalistes envahit les lieux également.
Tout le long de sa trajectoire d'envol, l'avion a perdu des pièces. On trouve des trappes, des morceaux du réservoir, des robinets et même le feu anticollision rouge qui se trouve au bout arrière de l'avion. Elles seront toutes ramassées après avoir été photographiées, répertoriées puis repérées sur un plan.
Sur la scène même du crash, les débris sont répartis de façon très particulière. Les roues sont éparpillées sur toute la zone. L'une d'elles est enterrée. Les roues ont une capacité de rebondir surtout que l'avion s'est écrasé avec le train d'atterrissage sorti. Par contre, le reste de l'avion a été coupé en deux parties, semble-t-il, par un transformateur en béton. En effet, pas loin des auberges, il y a un transformateur électrique abrité dans une construction de la taille d'une maisonnette. Contre le mur en béton, on trouvera le cockpit et le train d'atterrissage avant. Plus loin, se trouve la cabine presque en un seul morceau. Cette partie va brûler pendant trois heures.
Le cockpit est fortement endommagé par l'impact, mais se trouvera loin des flammes. Les enquêteurs pourront même lire la position dans laquelle sont restée figées certaines aiguilles.
La vitesse horizontale de l'avion au moment du choc était très faible, presque nulle dit le rapport du BEA. Par contre, la vitesse verticale était très forte à cause de chute presque libre d'une hauteur de 60 mètres. L'accident, puis les flammes qui ont suivi, n'offraient aucune chance de survie.
Alors que les pompiers se battaient avec les flammes, la police faisait tout pour préserver la circulation sur la route nationale 17. Il était vital de garder cette route afin que les secours puissent arriver et repartir facilement du lieu du sinistre. La Croix Rouge vient renforcer le dispositif et le Premier Ministre, Jospin à l'époque, se rend sur les lieux avec le ministre des transports.
Les boîtes noires sont retrouvées vers dix heures du soir, juste après l'extinction de l'incendie. Toute la nuit, un cortège d'ambulance transporte les corps vers l'Institut Médico-légal de Paris. Au matin du 26 juillet, presque la moitié des corps sont déjà levés. Le 27, les deux derniers corps sont retrouvés, le bilan définitif de 113 morts établi et les pompiers commencent à découper l'épave et sécuriser le site.
Même si elle devient chaotique par la suite, l'enquête avance très vite au début. De tous les débris retrouvés sur la piste, trois pièces vont particulièrement parler. On trouve tout d'abord un morceau de métal plié n'appartenant pas au Concorde. Ce morceau a été supposé venir de l'avion qui l'a précédé, le DC 10 de Continental. On trouve également un morceau du pneu du Concorde. Cette bande de roulement large de 33 cm faisait 1 mètre de long pour un poids de 4 kilogrammes. Enfin, dernier acteur de ce drame, un déflecteur en matériau composite se trouvant juste devant la roue a été retrouvé sur la piste.
Le scénario est rapidement établi. Alors que le Concorde accélérait pour le décollage, une roue du train d'atterrissage gauche passe sur un bout de métal et explose. Ces roues sont soumises à d'énormes forces d'expansion lors de l'accélération et au moindre choc imprévu, elles peuvent céder. Quelques centimètres devant la roue, se trouve un déflecteur qui est immédiatement arraché par les morceaux de pneu et projeté comme un obus contre la partie basse de l'aile qui se déchire laissant passer des cataractes de carburant. Ce carburant passe dans le flux d'air chaud des réacteurs un et deux et prend feu.
On retrouvera également une pièce de 30 x 30 cm provenant du réservoir numéro 5 de l'avion.
Le plus terrible, est que crash avait été prévu et bien des signes annonciateurs n'ont pas été correctement intégrés. Par 6 fois une roue de Concorde avait éclatée et par 6 fois elle avait projeté des morceaux du déflecteur ou d'autres pièces, comme des boulons, sur l'avion. Dans chaque cas,
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