AU DELÀ DES BOUCHURES
La création de la société Air France est prononcée le 30 août 1933. Le 25 septembre de la même année est constitué le Syndicat du Personnel Air France. Combats sociaux, front populaire, accords Matignon, guerre civile et fin d'une république en Espagne (Gaston Vedel est chef d'escale à Barcelone et le personnel D'Air France en escale ibérique sera interdit par Franco dès le 13 juillet 1939), sont autant d'événements majeurs.
(Le 17 décembre 1935, aux Etats-Unis, propulsé par deux moteurs Wright, une fabuleuse machine, sortie des usines Douglas, capable de 21 sièges standards, et nommée DC 3, équipé de deux moteurs Pratt et Withney de 1200 CV, fait son premier vol à Santa Monica, et atteint 340 km/h. Les DC3 d'Air France, de la Postale, d'Air Algérie, d'Air Inter, de Royal Air Maroc et d'autres compagnies, seront révisés par les équipes de Montaudran dès 1948.)
En 1936, le trafic commercial de la Ligne s'effectue exclusivement à Francazal. Des incertitudes sur le devenir de Montaudran (déplacement envisagé des activités sur le terrain de Blagnac) naissent.
C'est en 1936, sous l'impulsion de M. Le Bras, chef du personnel, aidé de M. Chevalier, qu'est créée l'école d'apprentissage d'Air France (d'où sortiront les Gérard Rey, Pierre Grenier et Joseph Larrieu que j'aurais le plaisir de connaître) et, peu après Air France va créer, deux autre écoles (Marignane et le Bourget) avant de transférer, en 1947, toute sa formation, à Vilgénis, près de Massy-Palaiseau.
Durant la guerre, Montaudran, en zone inoccupée jusqu'en 1942, vivra à mi-chemin entre collaboration et résistance. De septembre 1949 à août 1943, le complexe de Montaudran est placé par le directeur général d'Air France, le général Pujo (membre du gouvernement de Vichy), sous la direction de M. Vivier. Le 23 juillet 1941, la Légion française enquête sur le personnel d'Air France et la CGT.
Dans la nuit du 5 au 6 avril 1944, le bombardement, par des avions anglais (Lancaster qui sera abattu par la DCA allemande), des usines Breguet, qui fera six victimes, n'épargne pas les installations d'Air France qui lui sont contiguës. Toulouse est libéré le 19 août 1944.
Parmi les résistants, il convient de saluer, un ancien apprenti, — qui sera devenu chef du magasin central quand je prendrai mon commandement à Montaudran en 1978 —, Roger Salut, qui, membre des Forces Unies des Jeunesses Patriotiques, de la CGT, fit également partie du Comité de Libération de la ville de Toulouse.
Dès la libération, Air France s'engage à exploiter les lignes postales de nuit que l'administration des Postes juge nécessaires. Cette transaction conduit à la création, au Bourget, du Centre d'Exploitation Postal Métropolitain, sous le commandement de Didier Daurat. La reprise du service aura lieu le 26 octobre 1945, avec le trimoteur allemand JU 52, sur la liaison Paris-Toulouse-Pau.
Montaudran redémarre lentement tandis que les événements syndicaux et politiques se multiplient, dont la création des comités d'entreprise.
Dès 1948, la France connaît un climat social dégradé, qui, au niveau Air France, va aboutir aux grèves de 1950, et à Orly au lock-out déclenché par le directeur général Henri Ziegler, lequel fidèle à son programme de regroupement des activités, veut supprimer les centres de Marignane, et ceux de Montaudran et du Bourget. Le 20 février 1950, Henri Ziegler vient à Montaudran et annonce 150 licenciements.
Le 27 septembre 1951, Claude Gonin, chef de centre, quitte Air France et Montaudran. Monsieur Rolland le remplace à la tête d'un centre qui entre en survie. De 950 agents en 1948, l'effectif est tombé à 550 agents. Mais le parlementarisme local, fera reculer le projet Ziegler et, pendant les années suivantes, survivre Montaudran.
À l'aube de l'année 1956, la piste d'envol, seulement renforcée, depuis 1946, par des plaques d'acier perforées, l'absence de radioguidage et de repères lumineux au sol, l'urbanisation de la ville (côté
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