LA CLÉ SOUS LE PLANCHER.
(Centre du Matériel d'Orly, hangars double tonneau, Grandes Visites d'entretien des appareils Lockheed Constellation L.749, décembre 1952)

L'unité chargée de l'entretien (petites visites et grandes visites) des L.749 et les travaux intéressant la révision d'un appareil ont déjà été présentés dans le texte Au temps … et autant des Constels.

À l'occasion de ce document, j'ai présenté Manuel Diez (alias Manuel d'entretien), le compagnon très qualifié qui allait diriger, avec intelligence et gentillesse, en début de ma dix-huitième année, mes premiers pas dans cette activité.

J'ai également indiqué avoir, à cette époque, fait systématiquement des heures supplémentaires pour compenser un abattement salarial de 20 % en ma qualité de jeune travailleur et un autre abattement du même ordre suite à notre comportement, en sortie d'apprentissage, durant le camp de vacances (payé par Air France) de Barèges.

Je précise au passage que ces heures supplémentaires (moyenne treize heures par semaine en plus des quarante cinq heures légales) engendraient une fatigue non négligeable et que tous ces efforts furent effectués en pure perte, puisqu'en finale toute année de travail avant dix huit ans ne comptait pas pour la retraite, et ce malgré ma proposition d'en racheter les parts patronale et ouvrière des cotisations.

Nous sommes à la mi-décembre mil neuf cent cinquante-deux. La Révision Générale du Constellation F-BAZG se termine.

Après dégagement des différents docks d'accès, l'appareil, libéré suite aux si nombreux travaux de remise en état qui ont duré quatre semaines, offre l'impressionnant spectacle de surfaces brillantes, et de décorations et inscriptions fraîchement repeintes. Il apparaît comme neuf.

Dès midi, à l'instant précis ou l'avion quitte le hangar, qu'il reçoit l'éclairage naturel extérieur et retrouve sa superbe, les compagnons émus, se taisent. Seuls, le bruit du tracteur et les ordres, hurlés par le chef de la manutention à la manœuvre, perturbent un peu le moment de fierté des différentes équipes devenues silencieuses. La superbe machine volante, qui semble alors toute puissante, va cependant devoir démontrer ses qualités avant de transporter de nouveau des passagers.

Ainsi, débute ce qu'il est convenu d'appeler « les travaux de sortie de chaîne de révision » avec pour objectif une livraison à l'exploitation, deux jours et demi plus tard, l'appareil va faire l'objet de deux essais de performances des moteurs (point fixe) et circuits, d'une compensation des compas et d'un vol d'essai, avec après chaque étape, les travaux et les mises au point nécessaires.

L'équipe chargée de ces opérations dites de sortie, susceptible d'être renforcée en cas de nécessité (remplacement d'un moteur par exemple) comprend cinq contrôleurs spécialisés (moteur, cellule/conditionnement d'air, électricité, instruments de bord et radio), un chef d'équipe, six professionnels et deux manœuvres. Pour la première fois, je suis de sortie.

L'avion est d'abord dirigé vers l'aire de compensation des compas. Environ une heure et demie plus tard, il est conduit sur l'aire de point fixe. Les résultats de la vérification attentive des performances des moteurs, des nombreux essais des différents circuits hydraulique, pneumatique, électrique et les communications radio, ainsi que les résultats des vérifications intéressant le correct débattement des commandes de vol des trois axes (gauchissement, profondeur, direction), sont systématiquement notés. Au total, ces essais peuvent durer deux heures. Les anomalies relevées et les suites à donner, sont consignées sur des feuilles de travaux remplies par le contrôleur de chaque spécialité.

Après terminaison de ces premiers essais majeurs, l'appareil, fonction de la nature et de l'importance

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