AU DELÀ DES BOUCHURES
Avec la mutation à Orly, intervenue depuis 1955, des personnels Air France en provenance du Centre du Bourget, les Grandes Visites des flottes Lockheed ( L.749, L.1049C, puis L.1049G, enfin L.1649 ou Superstarliner) et la flotte Bréguet (Br 763 dit deux-ponts), qui constitueront dans le cadre de la naissante Direction du Matériel (D.M), l'activité de Grand Entretien avions — G.E, (Heavy maintenance), tous types d'avions sauf Douglas DC3 et DC4 —, qui seront révisés au Centre de Toulouse Montaudran ), ont été regroupées, depuis mars 1955, dans le nouvel hangar N2 d'Orly (premier en France du type toiture en porte-à-faux, avec annexes installées en appentis arrière), sous le commandement de Jean Bavoux, ingénieur ENSAE (Sup'd'aéro), et avocat. Maurice Gruson, ingénieur ENSAM (Arts et Métiers) est l'adjoint, chargé de la Production, de l'organisme.
Les Petites Visites, des avions Lockheed (L.749, L.1049C, L.1049 G, et ultérieurement le L.1649 ), qui deviendront dans le cadre DM, l'activité de Petit Entretien Avions (Daily maintenance), sont alors regroupées, (en attendant le hangar N3), dans les vieux hangars double tonneaux sous le commandement de Willy Boehler., ingénieur des Eaux et Forêts. Les Petites Visites des flottes Bréguet (Br 763) et Douglas DC 3 et DC 4, opérées à partir d'Alger, sont effectuées par le Centre d'Alger.
Présenter Jean Bavoux, Ingénieur sup'd'aéro, avocat au barreau de Paris, chef de l'unité chargé du grand entretien avions, à laquelle j'appartiens désormais, est une mission agréable.
L'homme, qui débute la quarantaine, est fort, de bonne taille, certes de poids excessif, et déjà bien bedonnant, mais porte une belle tête ronde, bien proportionnée, des cheveux noirs et fins coupés en brosse, un front haut, de grands yeux bruns laissant percer intelligence, douceur, voire générosité et un nez bourbonien donnant à la fois un peu de grâce et du caractère au visage. Ce double diplômé, déjà chevronné, tête nue, vêtu d'une chemise blanche, d'une cravate de couleur gris argent et d'un costume de ville bleu nuit offre à la fois, un visage agréable et une allure classique.
Ouvert, ayant un contact agréable avec l'encadrement et la maîtrise, Jean Bavoux, malgré sa forte corpulence, n'hésite pas à se déplacer, vient s'informer sur place de la difficulté d'un chantier et prend le temps d'écouter s'exprimer les compagnons. Lors des « pots d'arrosage», nombreux à cette époque, à beaucoup, il apparaît proche et de nature très conviviale. D'aucuns, cadres plus anciens venus du Bourget, qui ont « accueilli», celui qui était alors jeune ingénieur, le confirment comme étant à la fois bonne fourchette et franc buveur...
Mais qu'on ne s'y trompe point, concernant les sujets majeurs, il y a dans cette personne instruite et cultivée, ce qu'on appellera plus tard du Raymond Barre, c'est-à-dire un esprit carré dans un corps rond. Auprès de la plupart des délégués du personnel, ce chef de division, a d'ailleurs la réputation d'un bon communicant, d'un rhéteur redoutable, et d'un fin négociateur.
Le bureau des Méthodes qui regroupe, (dans une grande surface d'appentis sise au sud est du hangar N2), ce qu'on appellera ultérieurement un échelon central (chargé de la définition et mise à jour des documents de travail) et les échelons sur chaîne de visite (chargés de l'ordonnancement, du lancement et de l'approvisionnement des travaux, sur avions et en ateliers annexes), compte au total
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